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Exposition Lacloche à l'Ecole des Arts Joailliers : trois raisons de redécouvrir une grande signa...
 
Le 28-10-2019
de SOJH® - News des expositions

Aujourd’hui méconnue du public, la maison Lacloche fut pourtant l'une des gloires de la joaillerie durant sept décennies. Réputés pour l'élégance et le raffinement de ses fabrications, ses bijoux étaient conçus par des ateliers parisiens renommés.

La maison Lacloche fut l’une des gloires de la joaillerie parisienne de la Belle Époque aux années 1960. Pour la première fois, une exposition "Lacloche, joailliers, 1892-1967" et un ouvrage rendent hommage à cette maison, emblématique en Europe de 1892 à 1967, mais aujourd’hui oubliée du public.

Établie rue de la Paix en 1901, Lacloche Frères, puis Jacques Lacloche, ont paré des têtes couronnées, des personnalités de l’aristocratie ainsi que des stars d’Hollywood. À travers des bijoux, des pendules et pendulettes, des nécessaires de beauté - leur spécialité - et des documents d’archives, cette rétrospective illustre, tour à tour, le naturalisme propre à l’Art nouveau, l’Egyptomanie et l’engouement pour l’Extrême-Orient au temps des Années Folles, le modernisme de l’Art Déco et la fantaisie des années 1950. 74 bijoux ont été réunis : ils ont été retrouvé auprès de collectionneurs privés installés à Londres, Milan Genève, Paris, Los Angelès et Tokyo...

Lacloche participe à l’Exposition internationale des arts décoratifs de 1925

Le point d’orgue de cette rétrospective est l’évocation de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris. Cette manifestation donnera, des années plus tard, son nom au genre Art Déco. La fête dura six mois, d’avril à novembre : des pavillons français et étrangers se dressaient à côté de boutiques de luxe éphémères et la section bijouterie-joaillerie se déployait au Grand-Palais. Sur les quatre cents sociétés que comptait la corporation à l'époque, seule une trentaine avaient été retenues. Des bracelets, des broches, des pendulettes, des boîtes qui éblouissent par leur élégance et la délicatesse de leur fabrication... sur le stand Lacloche Frères, la presse s’extasie devant ses parures inspirées des Fables de La Fontaine : un bracelet met en scène "Le Loup et l’Agneau", un pendentif raconte "Le Corbeau et le Renard" ; le volatile, formé de saphirs, sur son arbre, en onyx, perché, tient dans son bec un fromage figuré par… un diamant jaune. Il valut au joaillier un Grand Prix à l’Exposition.

Dans l'entre-deux-guerres, le mouvement Art Déco se développe. Il touche tous les champs d'expression artistique et donc la joaillerie. Il est caractérisé par des lignes droites et des symétries. A L'Ecole des Arts Joailliers, un espace de l'exposition prend la forme d'un temps à l'Antique circulaire évoquant celui qui était installé à l'Exposition internationale de 1925. Ils sont exposés une douzaine de modèles de 1925.

La maison excelle dans le nécessaire de beauté qu'adopte la femme émancipée

Lors de cette Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1925, sur le stand Lacloche, les chroniqueurs admirent de luxueux nécessaires de beauté et des boîtes ornées de pierres dures sculptées rehaussées de diamants.

Dans les Années Folles, non seulement les femmes émancipées ont pris la liberté de se farder mais, elles retouchent leur rouge à lèvres en public. Pour ce nouveau rituel est inventé le nécessaire de beauté ou vanity case en anglais. C’est un domaine où la maison Lacloche excelle avec ses rubis en cabochons suiffés (dont la culasse est facettée pour donner plus d’éclat à la pierre et faire réfléchir la lumière), sa monture ouverte et articulée, son serti millegrain des diamants... Le monde de la mode et celui la parure sont pris d’engouement pour l’Extrême-Orient. Les dessinateurs de Lacloche s’inspirent de la Chine et puisent leurs décors dans les oeuvres d’art du Japon dont ils apprécient la poésie pour leurs boîtes, étuis à cigarettes ou nécessaires de beauté. L'exposition montre plusieurs modèles à l'incroyable délicatesse.

Lacloche pare les têtes couronnées

La maison a paré des têtes couronnées, des personnalités de l’aristocratie ainsi que des stars d’Hollywood.

En visite à Paris, les têtes couronnées accourent rue de la Paix. L’épouse d’Edouard VII d’Angleterre, "la reine Alexandra fait ses emplettes chez Lacloche Frères", confie Le Journal en 1907. Cette même année, c’est le roi de Siam qui "reste une demi-heure à faire ses achats nombreux chez Lacloche". C’est à la maison de Londres que le duc de Westminster s’adresse pour faire réaliser une tiare à l’occasion de son troisième mariage, en 1930, avec Loelia Ponsonby. Le diadème est composé de deux énormes diamants en forme de poire : l’Arcot I et l’Arcot II. Trésors surgis des mines de Golconde et que le nabab d’Arcot, en Inde méridionale, avait offerts en 1777 à la reine Charlotte d’Angleterre pour s’attirer les bonnes grâces des Britanniques.

Autant de personnalités que le joaillier retrouve dans ses succursales balnéaires. Il est installé à Biarritz, à Saint-Sébastien en Espagne et sur la Riviera. En 1956, Rainier III, prince de Monaco, épouse Grace Kelly. Jacques Lacloche a réalisé plusieurs bijoux que son ami Rainier dédie à sa dulcinée : un clip en diamants orné d’un saphir et des clips d’oreilles sertis de diamants et saphirs taillés en baguettes. Des pierres bleues assorties à la couleur des yeux de l'actrice de Hollywood.

Une exposition, un ouvrage

La monographie de Laurence Mouillefarine, présentée en même temps que l’exposition, est la première à retracer l’ascension de la famille Lacloche, qui débuta modestement rue de Châteaudun en 1892. Réputés pour leur élégance et le raffinement de leur fabrication, les bijoux étaient conçus par les meilleurs ateliers parisiens auxquels cet ouvrage (Editions Norma) rend hommage. Deux albums de gouaches, inédits, illustrent les 63 bijoux et 21 pendules présentés par les frères Lacloche à l’Exposition de 1925.

Franceinfo

 



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