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Deux ou trois choses que je sais de lui
 
Le 31-01-2019
de SOJH® - News des expositions

Le Salon de la Haute Horlogerie vient de fermer ses portes à Genève. Sa directrice revient sur cet événement où «tout n’est que luxe, calme et volupté» et une édition 2011 marquée par une augmentation de 40% des visiteurs chinois

Lui, le Salon International de la Haute Horlogerie (dit SIHH), ce grand et beau jeune homme de 21 ans avec qui je viens de passer quelques jours et quelques nuits.

A nouveau, il m’a séduite. Le SIHH 2011 s’est imposé comme le point d’orgue de la haute horlogerie mondiale, faisant rayonner Genève bien au-delà de ses frontières, attisant toutes les convoitises et bien entendu la concurrence.

Comme un soleil auprès duquel on vient se réchauffer, le SIHH 2011 a brillé de mille feux. Du 17 au 21 janvier, 12’000 visiteurs du monde entier sont venus le côtoyer, plus de 1’000 journalistes sont venus l’interpeller et de plus en plus de collectionneurs et amateurs de belle horlogerie sont venus l’explorer. Tous ont salué son incroyable vivacité, son talent transcendé, sa capacité à étonner, surprendre et ravir encore et toujours le cœur et l’esprit de ses convives.

Pourtant, il est sorti de nulle part, bâti et orné par des milliers de mains qui lui ont donné tout leur temps et leur énergie. Pour lui, rien n’est trop beau. En trois semaines, les halles vides de Palexo se sont transformées en cité de la Haute Horlogerie, où tout n’a été que «luxe, calme et volupté».

Le SIHH 2011, c’est l’aboutissement d’un chantier immense, «du sang, de la sueur et des larmes» de plus de 800 personnes qui ont travaillé jour et nuit pour monter ce géant fait de bois, de métal, de tissu et de peinture.

Tout cela pour cinq jours d’une exposition exceptionnelle, vitrine du savoir-faire séculaire de la Suisse. Si Paris valait bien une messe, la Haute Horlogerie vaut bien le SIHH.

Né d’une initiative dissidente et courageuse en 1991, le SIHH est devenu au fil du temps une plateforme incontournable. Fidèle à ce qu’il est depuis sa création: un salon privé et professionnel où les grands noms de la Haute Horlogerie présentent leurs plus belles créations et réalisations. Un salon destiné aux meilleurs représentants de la distribution et de la presse internationales. Bref, le meilleur pour les meilleurs. Une stratégie qui ne souffre pas de compromis: seule la qualité compte, jamais la quantité. C’est d’ailleurs la règle d’or de la Haute Horlogerie.

Dans une correspondance retrouvée de 1821, François Constantin recommandait déjà, ayant appris l’intention des horlogers suisses d’inonder le marché italien, de ne pas céder aux sirènes de l’argent facile en vendant quantité de montres aux dépens de la qualité.

L’argent facile, les marques avaient presque oublié que cela était possible après le fort ralentissement de 2009. Pourtant, les affaires sont reparties en 2010, retrouvant presque les niveaux de 2008, en particulier grâce à la Chine. Car elle s’est éveillée. A la consommation tout court et à celle des produits de luxe. La grande Chine, incluant Hong Kong et Taiwan, est ainsi devenue le premier marché de la Haute Horlogerie.

Les chiffres donnent tellement le vertige que certains ont peur de les annoncer, peur d’admettre que leurs clients ont changé. Aujourd’hui, sur 50 personnes qui entrent dans la boutique genevoise d’une grande marque horlogère, 45 sont Chinois. Pour une autre grande marque, 50 % des clients en France sont Chinois. Et Hong Kong, avec dix fois moins de points de vente que la France, fait dix fois plus de chiffre d’affaire.

Le SIHH 2011 n’a pas échappé à ce raz de marée, avec 40% de clients Chinois de plus et un chiffre d’affaires probablement exponentiel pour les marques exposantes.

A côté de ces considérations économiques, le SIHH est aussi et surtout une occasion unique pour les marques de partager leur patrimoine historique, de raconter leur épopée et de démontrer leurs valeurs culturelles. Deux expositions historiques exceptionnelles en ont d’ailleurs témoigné cette année.

Une initiative à saluer, dans la mesure où les amateurs de garde-temps, de plus en plus nombreux dans le monde et en particulier dans les «nouveaux territoires » , ont une véritable soif de savoir. Vous l’aurez compris, mon grand et beau jeune homme de 21 ans a de précieux atouts en main. Il est un géant, puissant, intelligent et cultivé. Il s’en est allé se reposer, en cours de démontage par ses propres bâtisseurs qui sont en train de remiser précautionneusement tous ses atours, pour les réinstaller l’an prochain plus beaux encore.

FABIENNE LUPO

LE TEMPS

 



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