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Baselworld: tous les ténors seront présents en 2019!
 
Le 28-03-2018
de SOJH® - News des expositions


Fréquentation stable malgré une réduction de deux jours. De nouveaux formats seront proposés aux petits exposants en 2019, où tous les ténors seront présents.

Swatch Group, Rolex, LVMH, Patek Philippe, Chopard: les princes de Baselworld seront à nouveau présents sur les bords du Rhin l’an prochain. C’est ce que vient d’annoncer la direction du salon au cours d’une conférence de presse à quelques heures de la clôture de la manifestation.

"Enfin un message positif", soupiraient certains confrères à l’issue d’une édition relativement positive pour les affaires mais mouvementée pour les organisateurs. Car depuis une semaine le salon bâlois a été beaucoup chahuté et critiqué, mais a peu parlé. De quoi laisser cours à tous les "bad buzz" et laisser prise à toutes les rumeurs, y compris la dernière en date en début de semaine, celle de voir Rolex quitter Baselworld! La conférence de presse de clôture organisée ce matin – ce fut une première pour Baselworld - était donc là pour rassurer et pour tenter de passer – enfin – à un nouvel épisode.

Un bonheur ne venant jamais seul, la direction du salon bâlois, par sa directrice Sylvie Ritter, a également pu annoncer que Chanel serait également à Baselworld l’an prochain. Une bouffée d’air frais pour les organisateurs, dès lors que le départ de la maison française pour le SIHH genevois était donné pour acquis il y a plusieurs semaines. Autre société à avoir annoncé en « off » depuis des mois son départ de Baselworld, Breitling a également confirmé sa participation l’an prochain.

Indispensables changements

Si la présence de ces ténors à Baselworld l’an prochain soulage assurément les organisateurs bâlois et leur redonne un peu de souffle, le plus dur est sans doute à venir. Sous la forme de nombreux chantiers nécessaires à pérenniser la manifestation au-delà de 2019 et à l’adapter aux mutations en cours.

Parmi les problèmes récurrents, les prix pratiqués par Baselworld semblent dissuasifs pour de nombreux petits et moyens exposants, tant horlogers que joailliers. Les organisateurs disent reconnaître les difficultés de certains exposants et comprendre que la baisse des tarifs de 10% cette année n’est pas suffisante pour les convaincre de rester. Baselworld a ainsi annoncé plancher sur de nouveaux formats « plus abordables » et dont les contours précis restent à définir.

L’idée sous-jacente est que le luxe et la démesure de ces dernières années ne correspond plus ni aux envies ni aux moyens de nombreux exposants, touchés pour certains de plein fouet par la baisse des affaires enregistrée depuis deux ans en horlogerie, pour d’autres – notamment les joailliers – par la concurrence accrue des ventes online. Par ailleurs, le salon bâlois semble avoir entendu certaines critiques des joailliers, annonçant vouloir proposer de nouvelles "expériences" distinctes et plus adaptées à chacun des secteurs. "Ces enrichissements de contenu et de l’offre de Baselworld feront l’objet d’une communication détaillée à l’automne", a encore précisé Sylvie Ritter.

Autre chantier que les organisateurs seraient bien inspirés d’empoigner, celui des prix des hôtels, restaurants et autres services durant la manifestation. Les prix exorbitants (jusqu’à cinq fois supérieurs à la normale pour les hôtels) irritent au plus haut point les exposants et visiteurs et pèsent pour une part non négligeable dans le mécontentement général exprimé. Le problème n’est pas nouveau, les organisateurs n’ont évidemment pas prise directe sur ces entreprises privées qui jouent de la demande largement supérieure à l’offre, mais le dialogue doit être réouvert. Même si "les exposants ne souhaitent pas que Baselworld gèrent la logistique de leurs invités", précise René Kamm, CEO de MCH Group, organisateur de Baselworld. Un groupe dont le canton et la ville de Bâle sont actionnaires légèrement minoritaires. De quoi au minimum essayer de peser sur les hôteliers. A l’heure où le salon joue sa survie dans les années à venir, les commerçants bâlois seraient bien inspirés de se montrer plus raisonnables.

En revanche, la réduction de la durée (2 jours en moins) du salon à 6 jours (plus une journée de presse) semble avoir été plébiscitée par les exposants. La direction du salon a annoncé qu’elle sera reconduite l’an prochain. Autre sujet de discussions récurrent: l’éventuelle harmonisation des dates entre Baselworld (en mars) et le SIHH (en janvier). Cet état de fait oblige les détaillants à faire deux fois le déplacement en Suisse, ce qui n’est évidemment pas du goût de tous. Même si René Kamm, CEO de MCH Group, évoque "un sujet de discussion récurrent", rien ne changera l’an prochain puisque, selon les organisateurs, "une très large majorité des exposants souhaitent conserver la date en mars". Ce sera le cas en 2019 (21 au 26 mars).

Périmètre "stable" l’an prochain

En dépit de ses difficultés actuelles, Baselworld demeure le salon mondial leader pour l’horlogerie. "Attention donc à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain! insiste cet important exposant. Car bon nombre de salons professionnels de tous secteurs rêveraient d’occuper la place qui est celle de Baselworld dans leurs secteurs d’activités spécifiques". Pour rappel, les exposants suisses présents à Bâle représentent plus du 80% des exportations horlogères du pays. Une représentativité qui n’a pas empêché la manifestation de perdre la moitié de ses exposants en un an.

A ce sujet, la direction du salon révèle que le périmètre actuel de la manifestation paraît "réaliste" à la grande majorité des sociétés présentes cette année. Pour l’édition 2019, les organisateurs envisagent une relative stabilité du nombre d’exposants, sachant que les fluctuations et départs naturels (de l’ordre de 5 à 10% tous les ans depuis des années) pourraient être compensés par de nouvelles arrivées. Des arrivées qui ne devraient pas concernés les leaders de l’horlogerie ou de la bijouterie. A plus long terme, chacun navigue à vue, "plus aucun exposant ne planifiant aujourd’hui à 5 ou 10 ans", souligne Sylvie Ritter.

Il y a véritablement urgence

Quant aux sous-traitants et autres branches annexes partis pour l’essentiel sous d’autres latitudes, Baselworld va tenter d’en récupérer certains grâce aux nouveaux formats qui seront proposés. Mais le temps d’un Baselworld à 1500 ou 2000 exposants est bel et bien révolu. Plus personne n’en veut désormais. Tant pour des questions d’organisation pour Baselworld que de capacités pour la cité rhénane.

A l’issue de cette édition 2019, une question demeure : les exposants - qui sont les clients, donc au final les décideurs - ont-ils une vision claire du salon qu’ils entendent fréquenter dans les années à venir ? La réponse est assurément non, en raison de structures de décisions totalement dépassées. Les marques seraient bien inspirées de se regrouper dans une structure repensée, plus moderne, plus participative, plus efficace et plus visionnaire. Il y a véritablement urgence.

Michel Jeannot
AGEFI

 



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