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En marge du SIHH, deux manufactures indépendantes cumulent 200 rendez-vous
 
Le 19-01-2017
de SOJH® - News des expositions

Manufacture Royale et Louis Moinet partagent le même salon d’un hôtel, pendant la semaine du rendez-vous genevois. Les deux marques profitent de l’appel d’air. Et elles l’assument

Pas d’accréditation, pas de badges ni de portiques de sécurité. A l’hôtel Beau Rivage à Genève, l’espace est moins contrôlé et l’atmosphère moins aseptisée qu’au salon SIHH. A gauche, un baby-foot en bois joliment vieilli autour duquel s’affrontent clients, journalistes et patrons horlogers. A droite, des dossiers mal rangés qui laissent deviner un agenda bien rempli. Au fond, un paravent sépare deux espaces destinés à recevoir les clients, leur donnant vaguement l’illusion d’être isolés.

C’est dans ce désordre organisé et décontracté que les deux marques indépendantes Manufacture Royale et Louis Moinet passent la semaine. Elles partagent le même salon, les mêmes paires de canapés et auront honoré à elles deux quelque 200 rendez-vous avec les journalistes et les détaillants qui étaient ou iront aussi à Palexpo.

«Pas des parasites»

«Nous ne sommes pas des parasites, nous ne volons pas de clients. D’ailleurs les clients n’appartiennent à personne», assume Alexis Gouten, le codirecteur de l’entreprise vaudoise Manufacture Royale.

Les deux marques ne sont, de loin, pas les seules à profiter de l’appel d’air créé par le SIHH. A 200 mètres de Palexpo, un salon d’indépendants, le SIWP, rassemble une vingtaine d’exposants. D’autres PME accueillent aussi leurs clients dans des hôtels genevois, tandis qu’un bateau estampillé LVMH (Hublot, TAG Heuer, Zenith) flotte au bord de la rade, à quelques dizaines de mètres… de l’hôtel Beau Rivage.

Ils sont donc des dizaines à graviter autour du salon majoritairement occupé par les marques du groupe Richemont. «Ce sont les clients qui demandent à nous voir pendant la même semaine que le SIHH», argumente Aurélie Jordi, la porte-parole de Louis Moinet, dont les bureaux sont basés à St-Blaise (NE).

Créée en 2004, la marque écoule aujourd’hui 500 montres par an. Elle compte une dizaine d’employés, travaille avec des sous-traitants et fait faire des mouvements à la demande. Elle propose des montres dont les prix varient de 10 000 à 500 000 francs. Le gros de ses ventes a lieu dans la tranche 20 000 à 50 000 francs, mais elle a ses spécialités, comme par exemple un double tourbillon inversé, une invention brevetée qu’elle décline cette année sur le modèle Mobilis.

Le même délire

Louis Moinet, c’est le nom d’un horloger français qui, en 1816, a inventé le premier chronographe certifié. Il comptait parmi ses clients un certain Napoléon. Le positionnement de la marque n’est pas très différent de celui de sa colocataire. Manufacture Royale a forgé son image sur la vie horlogère de Voltaire, qui a fait produire des montres pour les têtes couronnées à la fin du 18e. Elle aussi détourne l’Histoire et en utilise un certain dosage dans sa communication et ses montres contemporaines. Et, comme chez Louis Moinet, la lecture de l’heure passe au second plan. La star, c’est le mouvement et l’animation mécanique qu’il provoque.

Des points communs donc. Mais cette proximité a ses limites. Les deux marques ne travaillent pas ensemble. Ni dans la recherche, ni dans la technique, ni dans le commercial. La collaboration n’est que spatiale et temporaire. «C’est juste de l’amitié», résume Alexis Gouten.

Quoique. Ce dernier n’exclut pas d’exporter et/ou d’élargir le regroupement – ils l’ont baptisé «Crownology Lab» et lui ont offert un logo – notamment pour de futurs salons ou manifestations. La porte reste ouverte à d’autres marques. Avoir du sang ou de l’ADN royal n’est pas impératif. Mais il faut au moins «partager le même délire».

Servan Peca
LE TEMPS

 



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