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Drôles de montres : quand l'horlogerie flirte avec l'insolite
 
Le 17-04-2018

Le classicisme au poignet n'est pas une fatalité ! Pleins feux sur cinq garde-temps qui twistent la rigueur helvétique de la haute horlogerie.

Cartier : la plus connue

Loin d'être une nouveauté, la fameuse montre Crash estampillée Cartier est un modèle rare, très convoité par les collectionneurs, et dont la cote aux enchères peut atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas d'un hommage à la montre molle de Dalí. La légende de la maison raconte que, dans les années 60 à Londres, un client aurait rapporté une Tank abîmée lors d'un accident de voiture. Jean-Jacques Cartier, alors à la tête de la maison, eut la brillante idée de s'en inspirer pour donner vie en 1967 à une montre ovale aux formes chahutées.

Le modèle qui figure en couverture de La Collection impossible (Assouline), ouvrage de référence pour tous les aficionados d'horlogerie, fut réédité en version squelette en 2015 et revient, cette année, le temps d'une édition limitée baptisée Baignoire Crash. Dans cette déclinaison encore plus extrême, l'accident originel se révèle comme une prouesse, condensé de préciosité, d'élégance et d'affirmation.

H. Moser & Cie. : la plus militante

Fidèle à sa réputation de roi du buzz, l'horloger H. Moser & Cie. a récemment mis au point un Frankenstein horloger, doté d'un calibre de haut vol, qui semblait pourtant tout droit sorti d'un marché clandestin asiatique. Après les casquettes « Make Swiss Made Great Again » distribuées l'an passé pour protester contre ceux qui galvaudent l'usage du Swiss made, le trublion récidivait avec une drôle de montre réunissant les éléments caractéristiques des plus grandes maisons suisses. On retrouvait ainsi un boîtier et des vis empruntés à Hublot, la lunette d'une Audemars Piguet Royal Oak sertie façon Rolex GMT « Pepsi », le cabochon de couronne de Cartier et la protection d'une Panerai, le motif de cadran de la Patek Philippe Nautilus, l'inscription du nom de la marque copiée sur IWC, le pont de tourbillon des célèbres trois ponts signés Girard-Perregaux, le bracelet d'une Laureato. Sans oublier… des aiguilles Breguet ! La provocation ayant ses limites, ce modèle unique qui devait être présenté lors du dernier SIHH à Genève, avant d'être vendu au profit d'un centre de formation horloger, a finalement rejoint les oubliettes de la haute horlogerie.

Jacob & Co. : la plus venimeuse

Alors que les mouvements horlogers sont habituellement conçus horizontalement, en 2014, Jacob & Co. dévoile la grande complication Astronomia, le premier tourbillon gravitationnel à 3 axes monté à la verticale. Une prouesse. Fort de son succès, le modèle (dont le prix voisine pourtant les 800 000 euros) est décliné dans d'étonnantes versions animales, à l'instar de l'Astronomia Tourbillon Clarity Spider dévoilée en mars dernier à Baselworld. Pour les arachnophobes, sachez qu'il existe aussi une version pieuvre venimeuse. Cette sculpture en titane de 2,9 g a supposé pas moins de 150 heures de gravure et de polissage, et 40 heures de peinture. Ultra-réalistes, les tentacules enserrent le mouvement, qui tourne autour de son axe central en dix minutes.

Ulysse Nardin : la plus érotique

À la haute horlogerie, Ulysse Nardin a associé cette année la « hot horlogerie ». Inventées à la fin du XVIIe siècle lors de l'apparition des premiers mouvements à répétition minutes, ces montres peu orthodoxes étaient offertes aux jeunes mariés, ou portées par de sémillants aristocrates en quête de chefs-d'œuvre sulfureux… Au-delà de toutes considérations morales ou religieuses, ces drôles de montres tombèrent en désuétude au XXe, car intégrer un automate dans une montre de petite taille représente une prouesse. Un défi technique que relève Ulysse Nardin avec la Classic Voyeur, qui fait appel au savoir-faire de la manufacture dans le domaine des montres à sonnerie et des jacquemarts, ces personnages sculptés qui frappent une cloche au moyen d'un marteau pour indiquer l'heure. Intéressés ? Comptez tout de même 295 000 euros la séance de voyeurisme horloger !

Van Cleef & Arpels : la plus compliquée

Quatre ans après la révélation de la montre Midnight Planétarium, la maison de la place Vendôme revisite cette création avec une version féminine : la Lady Arpels Planétarium. Autour d'un Soleil en or rose, qui rayonne au centre du cadran, se déploient les différentes planètes en volume. Mercure en nacre rose et la Terre en turquoise ont été minutieusement taillées en sphère à la main, tandis que Vénus est figurée par une bille d'émail vert. La lueur familière de la Lune, en orbite autour de la Terre, est quant à elle évoquée par un diamant taille brillant, contrastant avec le fond bleu nuit. Les mêmes tonalités se poursuivent au dos de la boîte avec le rappel des astres dans leur matière respective, sur un disque en aventurine. La firme du groupe Richemont, qui s'est fait une spécialité d'introduire dans l'horlogerie une part de rêve et d'émotion, propose ici une lecture insolite du temps. Outre l'heure et la date, la Lady Arpels Planétarium met en scène le ballet des planètes. Chaque astre se déplace conformément à son temps de rotation réel.

PAR CONSTANCE ASSOR
www.lepoint.fr

 



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