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À Besançon, 50 ans après ses grandes heures, Lip recrée des emplois horlogers et booste SMB
 
Le 25-02-2020

Rachetée fin 2018 par la société horlogère SMB, dans le Grand Besançon, qui l’exploitait sous licence depuis cinq ans la marque Lip, s’est refait une image. Et crée à nouveau des emplois : à Châtillon-le-Duc, dix techniciens ont été formés par l’Afpa à des métiers horlogers et au total, SMB a investi un demi-million d’€ pour poursuivre cette belle aventure.

Les chiffres restent modestes mais tout de même : mi-2019, le plus gros fabricant de montres françaises, SMB, qui emploie désormais 135 personnes, a formé et embauché 10 horlogers ou techniciens microtechniques pour travailler exclusivement sur les modèles Lip. En 2015, SMB avait fait le pari du renouveau de la marque emblématique des luttes sociales des années 1970. Cette année-là, MGH, la société du Gers qui avait racheté Lip dans les années 80 à l’issue de multiples rebondissements, lui avait proposé de re-fabriquer sous licence, dans l’ex-capitale horlogère française, les modèles historiques et de designers : les Mach2000, Churchill, Himalaya, BigTV, Henriette…

« On avait démarré tranquille mais les médias ont vite suivi », se souvient Philippe Bérard, le dirigeant fondateur de SMB. Depuis 2015, l’assemblage était réalisé chez Mouche, un sous-traitant bisontin. Mais le succès se confirmant – Lip contribue depuis deux ans à 5% d’un chiffre d’affaires de 27 millions d’€ – SMB a racheté la marque début 2019 et envisagé de rapatrier une partie de cette sous-traitance pour créer des emplois qui lui seraient dédiés.

« N’est pas Lipster qui veut. » L’affiche et son slogan qui avaient fait redécoller Lip il y a cinq ans est placardée à l’entrée du bâtiment horloger, à Châtillon-le-Duc, dans le Grand Besançon (Doubs). Concept et campagne avaient été orchestrés par l’agence Publicis de Strasbourg et atteint leur cible : la clientèle urbaine, les hipsters branchés du Marais parisien.
Le modèle n’a pas été choisi au hasard : Philippe Dumas, barbu et tatoué à souhait, avec une vraie « gueule », appuyait le message destiné à se distinguer des habituels codes horlogers, comme le souhaitait le patron de SMB. « On ne se présentait pas comme les gardiens ou les architectes du temps, notre cible était le grand public et ce mannequin parle aussi aux générations qui se sont battues sur les barricades. C’était le coup de génie de Publicis. »

Au premier étage, derrière une paroi vitrée, les dix nouvelles recrues s’activent. À droite, en salle dite « grise », le contrôle qualité final : des yeux et des mains expertes pour vérifier l’étanchéité, l’aspect esthétique, la réserve de marche. À gauche, dans le vaste atelier sous atmosphère « propre », les horlogers travaillent sur d’élégants établis en hêtre massif de fabrication suisse et surmontés du logo historique.

Au total, 500.000 € ont été investis dans ce rapatriement d’activité, en matériel et en formation co-financée par l’Etat. Au premier semestre 2019, Pôle Emploi avait défini les profils et choisi les candidats par la méthode de recrutement par simulation, qui n’exige aucun diplôme mais des aptitudes au métier. Une formation adaptée aux besoins de Lip avait été créée par la Région et l’Afpa de Besançon, avec les outils suisses de marque Bergeon sur lesquels les futurs salariés allaient être appelés à travailler.
« Est-ce la magie Lip qui a joué ? » avance Philippe Bérard, à l’heure où les candidats à l’industrie se font rares. « Nous avons pu trouver des gens qui s’impliquent, nous avons besoin de personnes précises, sur la durée. » Sur les 10 personnes formées, 9 diplômés ont été recrutés, dont 3 horlogers. Formés mi-2019, ils ont été embauchés en fin d’année dernière et permettent désormais à SMB de réaliser, en interne, 70% de la fabrication des montres Lip en volume.

« Nous récupérons des savoir-faire au sens historique puisque Lip les avait déjà intégrés : de l’assemblage, de la pose de cadrans, d’aiguilles, des réglages de mouvements, tout cela entrant dans ce que l’on appelle du travail de terminaison horlogère », détaille Pierre-Alain Bérard, le fils de Philippe Bérard propulsé « chef de marque » Lip depuis 2015. De formation commerciale, ce qu’il aime avant tout, c’est dessiner des montres. Depuis la reprise de Lip, il s’est essayé à réinterpréter une dizaine de modèles historiques et a créé deux nouveaux boîtiers. « Quand on a une marque avec une histoire aussi riche que Lip, le plus difficile c’est de ne pas trop en faire », confie-t-il. Chez SMB, Lip a enregistré une hausse de 15% en janvier 2020 quand toutes les autres marques étaient en baisse. La marque se vend à 85% en France et son premier client à l’export est le Japon. La société MGH continue à exploiter le site Internet et possède un magasin Lip à Toulouse. À Besançon, c’est Maty qui la commercialise pour SMB. Pour le reste, Lip est présent chez les horlogers-bijoutiers qui avaient accueilli son retour avec enthousiasme.

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