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Prix Rolex à l'esprit d'entreprise 2019
 
Le 27-09-2019

Rolex a présenté en juin dernier les cinq Lauréats de l’édition 2019 des Prix Rolex à l’esprit d’entreprise. Ceux-ci bénéficieront notamment d’un soutien financier pour leurs projets novateurs qui contribuent au bien commun.

Les Prix Rolex à l’esprit d’entreprise ont été créés en 1976 à l’occasion du 50e anniversaire du chronomètre Oyster, première montre-bracelet étanche au monde. Ils ont pour vocation d’encourager l’esprit d’entreprise, de repousser les frontières du savoir, d’améliorer les conditions de vie, de préserver le patrimoine culturel et de protéger l’environnement.

Rolex a récemment lancé la campagne Perpetual Planet, fidèle à sa volonté de longue date d’œuvrer à la protection du monde qui nous entoure et d’apporter un soutien à des personnalités et des organisations clés qui proposent des solutions aux problèmes environnementaux.

National Geographic, partenaire de Rolex dans le cadre de cette campagne et associé à la manufacture depuis les années 1950, a organisé le National Geographic Explorer Festival, où les dix finalistes de l’édition 2019 des Prix Rolex à l’esprit d’entreprise ont présenté leurs projets.

Le jury des Prix Rolex, formé de spécialistes indépendants, s’est réuni en février pour choisir les dix finalistes à partir d’une sélection issue d’une liste de 957 candidats originaires de 111 pays. Pour la première fois en 43 ans d’histoire des Prix Rolex, le public a été invité à voter pour ses projets favoris dans le cadre d’une campagne sur les réseaux sociaux.

Réuni à nouveau lors du Festival, le jury a pris en compte les résultats du vote du public dans son choix final des lauréats.

João Campos-Silva, 36 ans, Brésil
L’arapaïma, le plus grand poisson à écailles d’eau douce, risque l’extinction, à moins que les peuples d’Amazonie n’unissent leurs efforts pour le sauver.

Le jeune environnementaliste brésilien João Campos-Silva a noué un partenariat avec des associations locales et des leaders du secteur de la pêche pour sauver l’arapaïma, mais aussi pour préserver les moyens de subsistance et la culture des communautés d’Amazonie, dont la survie dépend des rivières.

«L’arapaïma est un poisson fascinant - gigantesque - qui peut atteindre trois mètres et 200 kg. Il joue un rôle central en nourrissant les peuples d’Amazonie depuis qu’ils existent», explique João Campos-Silva.

La surpêche, la fragmentation de l’habitat et d’autres facteurs humains ont décimé les populations de ce poisson, dont l’extinction est proche en de nombreux endroits. João Campos-Silva, biologiste de 36 ans spécialisé dans les poissons, a démontré que l’arapaïma peut être sauvé. La protection de petits lacs reliés à la rivière Juruá dans l’ouest de l’Amazonie et une gestion méticuleuse de la pêche par les populations locales ont permis de multiplier les effectifs par trente.

Le défenseur de l’environnement compte désormais passer à la suite et mettre à profit le financement des Prix Rolex en élargissant le plan de protection à 60 communautés, qui englobent 1’200 personnes réparties sur 2’000 km le long de la rivière Juruá. Son objectif: multiplier par quatre les populations d’arapaïmas en trois ans.

«Cette protection bénéficie aussi à d’autres espèces que l’arapaïma. Fermer les lacs à la chasse et à la pêche aura permis de sauver le lamantin, la loutre géante, la tortue géante et le caïman noir d’une catastrophe certaine», affirme João Campos-Silva.

Davantage d’arapaïmas signifient naturellement davantage de poissons pêchés. Ainsi, pour les communautés locales, chaque lac représente en moyenne un revenu supplémentaire de 9’000 dollars par année, ce qui donne la possibilité de construire des écoles, de bénéficier de soins et de créer des emplois. Pour la première fois, des femmes peuvent vivre de la pêche professionnelle. Pour João Campos-Silva, sauver ce poisson s’annonce comme l’antidote à la pauvreté: «La gestion de l’arapaïma à l’échelle locale est le meilleur moyen d’assurer un avenir durable dans les plaines inondables d’Amazonie.»

Grégoire Courtine, 44 ans, France
Depuis que l’être humain existe, une colonne vertébrale gravement atteinte a toujours signifié une perte définitive de la faculté de marcher. Mais depuis peu, un chercheur en médecine français, basé en Suisse, aide des patients paralysés à remarcher - une avancée inespérée.

Grégoire Courtine a mis au point un «pont» électronique qui peut être implanté. Grâce à une technologie sans fil, le système permet au cerveau de communiquer avec un stimulateur électrique sur la moelle épinière.

La stimulation électrique de la moelle épinière lombaire utilise des pulsations paramétrées pour coïncider avec les signaux du cerveau qui commandent les mouvements. Un système robotique de soutien du poids corporel sert de renfort aux patients dont la paralysie provient d’une moelle épinière qui n’a pas été entièrement atteinte.

Le but recherché avec ce pont neurologique est de rétablir un contrôle instantané des muscles des jambes en accompagnant le processus par une rééducation. La démarche encourage les nerfs spinaux à repousser, pour retrouver à terme l’usage des muscles paralysés, sans recourir au pont.

«Le mouvement a toujours été très important pour moi parce que j’adore le sport», explique Grégoire Courtine, passionné de varappe et de sports extrêmes. «C’est ce qui m’a poussé à étudier la façon dont le cerveau contrôle les mouvements.»

Le chercheur a déjà prouvé que le «pont» électronique peut fonctionner. Grâce à ce système, il a récemment permis à sept hommes paraplégiques de longue date de tenir debout et de parcourir de courtes distances à l’aide de béquilles. Les patients peuvent mettre en marche ou éteindre le système grâce à un contrôle vocal personnalisé, mais ils n’ont pas de contrôle sur les signaux émis.

Brian Gitta, 26 ans, Ouganda
Chaque année, le fléau que représente le paludisme touche environ 220 millions de personnes, dont près de 500’000 - en majorité des enfants - ne survivent pas. Si l’informaticien ougandais Brian Gitta parvient à distribuer la nouvelle technologie novatrice qu’il a mise au point, ces chiffres alarmants chuteront.

La clé pour traiter efficacement le paludisme réside dans la rapidité du diagnostic. A l’heure actuelle, celui-ci nécessite une prise de sang, un microscope et une personne hautement qualifiée pour analyser le prélèvement sanguin - trois conditions qui ne sont pas toujours réunies dans les pays en développement.

Pour remédier à cette situation, Brian Gitta et son équipe mettent au point un appareil électronique portable - le Matiscope - qui livre un diagnostic fiable en quelques minutes, sans prise de sang. Ce système offre des avantages considérables en termes de vitesse et d’efficacité, car un test microscopique dure 30 minutes au minimum et les prélèvements sanguins doivent être envoyés dans un laboratoire distant.

Brian Gitta lutte contre le paludisme en connaissance de cause: comme tous les membres de son équipe de thinkIT, il a été touché par cette maladie affaiblissante qui se transmet par les moustiques.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, près de 80% des cas de paludisme dans le monde sont recensés dans quinze pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud. Cinq pays totalisent près de la moitié des cas de paludisme dans le monde - le Nigeria (25%), la République démocratique du Congo (11%), le Mozambique (5%), l’Inde (4%) et l’Ouganda (4%) - et 61% des décès dus à la maladie surviennent chez les enfants.

Krithi Karanth, 40 ans, Inde
Alors que la planète comptera bientôt 8 milliards d’habitants et que la faune sauvage connaît un déclin généralisé, les conflits pour cause de nourriture, de ressources et d’espace se multiplient. L’environnementaliste Krithi Karanth démontre qu’il existe des solutions à ce problème.

Dans son Inde natale, des centaines de milliers de situations conflictuelles entre la population et des espèces sauvages - notamment des léopards, des tigres et des éléphants - ont lieu chaque année, avec pour conséquences des dégâts matériels, des blessés et des morts dans les deux camps.

Chaque année, l’Etat indien verse 5 millions de dollars d’indemnités aux agriculteurs et aux villageois en compensation des dommages causés par les animaux, mais, selon Krithi Karanth, les 80’000 personnes indemnisées ne représentent qu’une petite partie des cas de conflits, le gouvernement ne disposant pas des ressources nécessaires pour traiter les demandes rapidement.

Fille d’un biologiste de la conservation spécialiste des tigres, Krithi Karanth a développé très jeune un amour pour la nature fragile de son pays: «J’avais déjà vu des tigres et des léopards à l’âge de deux ans. Quand j’avais huit ans, je pistais des tigres avec mon père, et quand j’étais adolescente, j’installais des pièges photographiques. J’ai donc passé les 17 premières années de ma vie en pleine nature et j’imaginais que tout le monde avait eu la même enfance.»

Elle s’est rendu compte, à son regret, que ce n’était pas le cas. Alors que l’Inde s’apprête à devenir le pays le plus peuplé du monde, seuls 5% de sa surface est dédié à des réserves naturelles - bien peu en regard des pratiques des pays similaires dans ce domaine. Et pourtant, 70% des tigres que compte la planète et 50% des éléphants d’Asie se trouvent en Inde.

Son approche sur les conflits entre la faune et la population est simple et repose sur l’expérience qu’elle a acquise et sur des techniques qui ont fait leurs preuves. En 2015, elle a mis en place une ligne gratuite que les villageois peuvent appeler pour obtenir de l’aide en vue d’une demande de compensation suite à un incident. Ce service, appelé Wild Seve, vient actuellement en aide à un demi-million d’habitants de 600 villages à proximité des parcs nationaux de Bandipur et de Nagarhole, dans l’Etat du Karnataka. Il a enregistré 14’000 demandes pour 6’400 familles, pour un montant de 200’000 dollars. Cette approche pragmatique atténue l’hostilité des communautés à l’égard de la faune et renforce leur confiance envers les conservateurs.

A présent, elle souhaite étendre Wild Seve à trois réserves naturelles et à 1’000 villages supplémentaires. Elle utilisera la technologie mobile pour identifier les zones les plus conflictuelles qui requièrent une attention particulière, où elle testera des mesures auprès de 1’000 foyers, notamment des étables protégées ou d’autres types de cultures et de clôtures afin d’accroître la sécurité des villageois et du bétail.

Miranda Wang, 25 ans, Canada
Chaque année, le monde produit 340 millions de tonnes de matières plastiques, dont une grande quantité s’amasse dans les décharges, les rivières et les océans, polluant l’atmosphère, la terre et l’eau.

L’entrepreneuse et biologiste moléculaire canadienne Miranda Wang a trouvé une solution brillante au plus grand problème de recyclage de la planète: utiliser les déchets comme une matière première et les transformer en ressources grâce à une technologie de recyclage chimique novatrice mise au point par sa société BioCellection.

«Nous prenons des plastiques qui ne sont pas recyclables à l’heure actuelle, explique Miranda Wang. Il n’existe aujourd’hui aucune technologie économique pour convertir ces déchets en matière exploitable. Nous transformons ainsi des déchets tels que des sacs en plastique sales ou des emballages à usage unique en produits chimiques qui permettront ensuite de fabriquer des matériaux durables pour des produits que nous affectionnons et utilisons au quotidien.»

La situation des déchets plastiques est chaque jour un peu plus alarmante. Alors que la Chine, qui depuis trente ans importait la moitié des déchets plastiques mondiaux, a cessé cette pratique en 2018, les déchets plastiques s’entassent dans les décharges municipales des Etats-Unis à raison de près de 30’000 tonnes par mois. A l’heure actuelle, moins d’un dixième des déchets plastiques dans le monde est recyclé.

C’est lorsqu’elle était adolescente que Miranda Wang s’est mise en quête de résoudre l’un des plus importants problèmes liés à la pollution, lors d’une visite d’une usine de traitement des déchets avec sa meilleure amie Jeanny Yao, désormais sa collègue. Cette excursion scolaire a fait naître l’enthousiasme des deux filles et, après sept ans passés à tester de nombreuses approches, elles ont fait une découverte prometteuse.

Alors qu’elles étaient étudiantes, Miranda Wang et Jeanny Yao ont convaincu l’Université de la Colombie-Britannique de mettre à leur disposition un espace de laboratoire. En collaboration avec des chercheurs plus expérimentés, elles ont découvert, dans le fleuve Fraser tout proche, deux bactéries qui éliminent les matières plastiques. Mais ce n’était pas exactement la solution qu’elles recherchaient.

Ces premières recherches ont incité Miranda Wang à réunir, de 2015 à 2019, un capital de 3,55 millions de dollars et de lancer BioCellection, dans la Silicon Valley. Son entreprise lui permet de développer des technologies qui transforment des plastiques usagés, contaminés et non recyclables en produits chimiques renouvelables de qualité et à haute valeur marchande.

 



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