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L’horloger de Saint-Pierre-le-Vieux, l’expert qui défie le temps depuis vingt ans
 
Le 15-06-2019

Réputé pour son respect des savoir-faire séculaires comme pour une créativité qui ne fait jamais l’épargne des procédés innovants, sollicité par les plus prestigieuses enseignes de la haute-horlogerie, Cédric Grandperret maîtrise tous les rouages du temps depuis plus de vingt ans.

Petit-fils du fondateur d’Essilor, fils d’un chirurgien ophtalmologue, la voie de Cédric Grandperret semblait toute tracée. Après les classes préparatoires scientifiques maths sup maths spé, il obtient un diplôme d’opticien-lunetier mais s’aperçoit vite que ce métier ne lui plaît pas.

Son intérêt pour la micromécanique et pour l’esthétique – une fibre artistique qu’il tient de son oncle, le réalisateur Patrick Grandperret – le pousse vers la Suisse. Et l’horlogerie, combinaison parfaite de ses passions. « La montre, ça a toujours été un peu mystérieux, je voulais découvrir le mystère », avoue-t-il. Il passe alors une année à l’école de La Chaux-de-Fonds, trois autres à l’école horlogère de Genève, une autre au musée international d’horlogerie. Le prestigieux diplôme suisse d’horloger rhabilleur-réparateur tout juste obtenu, il est sollicité par la société Chopard, qui souhaite devenir une manufacture. « Nous l’avons créée à trois et je suis devenu responsable de son bureau technique de recherche et développement » explique Cédric Grandperret.

C’est le début d’une carrière d’orfèvre en mouvements, répétitions minute et autres tourbillons. « En 2001, j’ai créé Magma Concept, société de 23 salariés, prestataire de services dans le domaine de l’horlogerie. De 2003 à 2011, j’ai été fournisseur sous-traitant de tourbillons, un mécanisme plus compliqué que ce qui se fait habituellement en matières de montres, mais beaucoup plus performant. Entre-temps, je suis devenu directeur technique de la société Hublot qui a développé la fameuse montre Big Bang », résume-t-il.

Depuis 2017, il vit à Saint-Pierre le Vieux avec Céline, son épouse, et leurs deux enfants. Aujourd’hui horloger-constructeur indépendant, il continue de conseiller de grandes marques et effectue des réparations, pour des particuliers et pour des centres de service après-vente multimarques. « Les fabricants ont perdu le savoir-faire, réparer une montre coûte plus cher qu’en racheter une. On arrive à faire de l’obsolescence sur un produit intemporel, c’est navrant. Horloger est un métier oublié, un métier de passion qui ne se transmet plus », déplore-t-il.

DES MÉCANISMES VIEUX DE DEUX SIÈCLES AUX MONTRES MODERNES, IL RÉPARE TOUT

« Dans un an, j’aurai un atelier complet ici, ce qui m’évitera d’incessants déplacements à Genève. Mais les gens peuvent d’ores et déjà m’amener leurs montres, pendules, pendulettes… Je répare tout ce qui est garde-temps à partir du XVIIIe siècle. Dans le cas de gros mécanismes comme les comtoises, je me déplace dans tout le Mâconnais. Je fabrique aussi des montres de A à Z, pour des particuliers ou des entreprises, mais pas des montres à quartz », annonce celui qui se présente volontiers comme un micromécanicien. Son indéfectible désir de concilier complexité technique et raffinement esthétique s’accorde parfaitement avec l’écrin de verdure dans lequel il a choisi d’exercer désormais un savoir-faire vieux de plusieurs siècles. « J’ai fait de beaux objets design mais rien n’égale le classicisme, la pureté, l’élégance, des pièces anciennes », avance-t-il.

Le Journal

 



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