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Swatch Group attaque Samsung pour contrefaçon
 
Le 01-03-2019

Le groupe biennois réclame au moins 100 millions de dollars de dommages et intérêts à la firme coréenne, qu’il accuse de proposer des copies numériques de ses propres cadrans pour ses montres connectées.

Quelques jours après avoir dévoilé la Galaxy Watch Active, sa nouvelle montre connectée, Samsung fait l’objet d’une plainte de la part de Swatch Group. Le groupe biennois accuse le géant sud-coréen de mettre à disposition illégalement trente cadrans numériques imitant ceux de ses propres marques. Selon lui, les visuels des montres connectées Gear Sport, Gear S3 Classic et Gear S3 Frontier «portent des signes distinctifs identiques ou pratiquement identiques» à ceux de ses modèles.

Contacté jeudi par Le Temps, Swatch Group confirme intenter un procès à la société asiatique pour contrefaçon ainsi que concurrence et pratiques commerciales déloyales. D’après sa plainte déposée vendredi dernier devant un tribunal new-yorkais, le groupe aux 18 marques réclame un montant «à trois chiffres, qui se compte en millions de dollars» de dommages et intérêts – soit au moins 100 millions. Le grief: une «violation flagrante, délibérée et internationale de nos marques commerciales» dans le but de «compromettre la notoriété et la réputation» des produits et marques des sociétés de Swatch Group.

Les illustrations présentes dans la plainte ne laissent pas place au doute: les cadrans en question, téléchargeables sur la boutique en ligne Samsung Galaxy Apps, sont des fac-similés des cadrans de Breguet, Blancpain, Glashütte Original, Jaquet Droz, Omega, Longines, Tissot, Mido, Hamilton ou Swatch, toutes détenues par Swatch Group. Certains modèles, issus d’éditions limitées, peuvent valoir jusqu’à 650 000 francs. «Samsung a refusé de fournir le nombre global de téléchargements. Les marques concernées valent des milliards», indique un responsable de la communication.

Dans la plainte, on lit que les avocats de Swatch Group avaient déjà contacté la firme asiatique en décembre dernier pour le même problème. Cette dernière avait alors retiré les cadrans litigieux de l’application, mais des dizaines d’autres avaient réapparu dans la foulée. «Compte tenu de la réponse inadéquate de Samsung, il est raisonnable de conclure qu’il continuera de violer les marques déposées et de causer des pertes et dommages supplémentaires», regrette Swatch Group. Contacté par Le Temps, Samsung n’a pas commenté l’affaire. Il devrait prochainement prendre position face à cette plainte.

Si les similitudes entre les designs officiels et ceux proposés par Samsung sont flagrantes, les cadrans numériques ne sont pas proposés par le groupe coréen lui-même mais par des tiers. En effet, la boutique en ligne Samsung Galaxy Apps est ouverte à tous les développeurs internationaux qui souhaitent déposer leurs créations. Samsung valide ensuite les cadrans puis les met en ligne sur l’application. Lorsque les visuels sont téléchargés par les utilisateurs, le groupe coréen touche un pourcentage sur la vente. L’autre géant de la montre connectée, Apple, fonctionne différemment: seuls ses propres cadrans sont disponibles sur sa boutique en ligne, ce qui évite ce type de problème.

Ce n’est pas la première fois que le numéro un mondial de l’horlogerie attaque ses concurrents en justice. Ces dernières années, Swatch Group a notamment intenté plusieurs procès à des sites web distribuant des montres connectées dont les cadrans étaient similaires aux siens. En 2016, la firme suisse a même réussi à faire interdire l’utilisation de la marque iWatch au Royaume-Uni, la montre connectée d’Apple, estimant que ce nom était trop similaire à Swatch et à ISWATCH, deux marques déposées en 1981 et 2007. De son côté, Swatch Group devrait lancer sa première montre connectée cette année, en collaboration avec le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM), situé à Neuchâtel.

Le Temps

 



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