Recherche avancée
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Contact

 



Les entreprises genevoises seront dans un environnement favorable en 2019
 
Le 19-12-2018

Le canton de Genève conserve son dynamisme économique. Malgré un tassement de la croissance internationale, les marchés restent orientés favorablement pour les entreprises genevoises.

En 2019, Genève devrait enregistrer une croissance de son PIB de 1,7%, plus lente que le très bon résultat attendu en 2018 (2,9%). Elle s’appuiera encore sur l’horlogerie et la chimie, deux secteurs exportateurs en croissance, quoique moins rapide que précédemment. Le ralentissement est lié notamment au cycle des exportations, toujours en croissance grâce à l'investissement des entreprises mais qui commence à se tasser en raison de la hausse globale des coûts.

Plus globalement, l’industrie des biens de luxe profite de la consommation privée en Chine, qui se maintient. À noter que la part de l’industrie constitue plus de la moitié des exportations du canton. En 2018, la somme des exportations du canton s’élève à 18,3 milliards de dollars.

En parallèle, la branche des services aux entreprises est actuellement dynamique, de même que les services immobiliers et l’hôtellerie.

Quant à l’inflation, elle devrait se fixer à 1,1% et 0,7% à Genève, respectivement pour 2018 et 2019, à des niveaux quasiment identiques à ceux prévus en Suisse. Entretien avec Yves Spörri, responsable de la division Entreprises et clients institutionnels.

En 2019, Genève devrait enregistrer une croissance de son PIB de 1,7%, plus lente que le résultat en 2018 (2,9%). Quel est votre message aux entrepreneurs?

Même si la croissance baisse quelque peu, on reste à des niveaux élevés des PIB de nombreux pays. Les entreprises seront dans un environnement qui reste globalement favorable. Il est vrai que nous observons un tassement de la croissance internationale. Mais les marchés restent orientés favorablement. C’est donc aux entreprises de profiter et de tirer parti de cette situation. Les entreprises doivent s’intéresser tout particulièrement aux exportations de leurs biens et de leurs services.

80% du tissu industriel genevois est composé de microentreprises (entre 1 et 10 employés). Comment l’expliquez-vous, et comment cette proportion va-t-elle évoluer à l’avenir?

Les petites entreprises sont souvent des entreprises familiales, qui montrent une très grande résilience aux aléas de l’économie. On ne s’attend pas à une réduction du nombre de ses entreprises. Au contraire, elles résistent très bien au travers du temps. Elles restent compétitives, car elles ont en effet une très grande capacité à s’adapter à l’environnement. Vraisemblablement, elles vont continuer de former la colonne vertébrale de l’économie genevoise.

Et quel est l’impact de ses microentreprises sur le PIB genevois?

Il reste à un niveau élevé.

On parle de plus en plus de numérisation. Finalement, quels sont les défis des entreprises face à l’économie 4.0?

Le principal défi est de ne pas rater le virage numérique. Parce que la digitalisation donne des possibilités de croissance assez importantes à des entreprises de tailles plus faibles. Elle permet ainsi à des acteurs plus petits de devenir de sérieux compétiteurs face à des entreprises bien établies et traditionnelles.

À ce propos, à quels niveaux se situent les entreprises genevoises en matière de digitalisation?

Aujourd’hui, peu d’entreprises ont fait leur transformation numérique complète. Néanmoins, elles intègrent ce processus partiellement. De mon point de vue, je ne pense pas qu’il y ait forcément de nécessité de faire une transformation immédiate. C’est un processus qui se fait étape par étape.

De manière générale, les entreprises genevoises sont très attentives à leur évolution numérique. Elles essayent d’intégrer partiellement, dans leur processus, des possibilités de digitaliser certains segments. Ce qui leur permet de gagner en productivité. C’est le point clé de la numérisation. Elles peuvent ainsi rester les plus compétitives possible.

Dans votre discours, vous déconseillez aux entreprises de s’exposer aux cryptomonnaies. Pourquoi?

La BCGE ne recommande pas aux entreprises ni aux particuliers de s’exposer aux cryptomonnaies, car elles ne sont pas régulées. De plus, elles peuvent subir de très fortes fluctuations. Cela peut anéantir des valeurs créées par l’entreprise de manière significative, justes par des fluctuations de cours. On note également un manque de transparence lié à ses monnaies qui pourrait venir péjorer la valeur de ses entreprises.

Que pensez-vous alors des entreprises, qui sont à la recherche de financement, et qui se tournent vers des ICO (Initial Coin Offering)?

Les solutions de financement classiques sont largement disponibles à un très grand nombre d’entreprises. Nous sommes très loin d’un «credit crunch» (N.D.L.R. Resserrement du crédit par les banques). Il faut constater aussi que les ICO restent assez rares. Le marché manque encore d’une certaine maturité pour que les ICO puissent se développer et être proposées à un nombre plus large de sociétés dans l’économie.

Mais validez-vous tout de même ce procédé comme solution de financements aux entreprises?

Si les conditions-cadres sont réunies sur le plan de la réglementation et de l’encadrement, je pense, qu’à terme, c’est une alternative possible aux financements classiques.

Matteo Ianni
AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved