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Se moderniser sans nuire à l'emploi, un défi posé également aux PME
 
Le 26-11-2018

La quatrième révolution industrielle offre de nouvelles perspectives aux PME suisses, mais comporte des risques en termes d'emploi.

La numérisation et la robotisation de certaines tâches pourraient sonner le glas de certains métiers et laisser des gens sur le carreau, ont souligné vendredi les intervenants du Forum économique numérique à Genève. La cohésion sociale doit être préservée.

"Tout le monde espère que ces changements permettront de libérer les collaborateurs des tâches répétitives et leur permettront d'évoluer vers des postes plus stratégiques", a affirmé Olivier Sandoz, directeur général adjoint de la section genevoise de la Fédération des entreprises romandes, qui organisait l'événement.

M. Sandoz a toutefois averti que certaines personnes ne pourront pas accéder à ces nouveaux emplois, qui requièrent davantage de qualifications. Dans ce contexte, la cohésion sociale doit rester "en ligne de mire", selon lui.

"Est-ce qu'un décolleteur (...) est formé pour programmer une machine d'impression 3d? La réponse est non. Mais on doit l'accompagner", a lancé Frédéric Dreyer, directeur de l'Office genevois de promotion des industries et des technologies (Opi), qui accompagne les entreprises dans leur transformation numérique.

L'humain doit ainsi rester au centre de la révolution en cours. "Il est plus que nécessaire pour nous de ne pas perdre les capacités propres à la nature humaine, telles que la compassion ou la coopération. Il faut continuellement développer ce que nous appelons tous communément les "soft skills", a expliqué Olivier Sandoz.

Disparition des métiers manuels

Selon une étude évoquée lors du Forum, les métiers physiques et manuels auront disparu d'ici 2030, de même que les emplois dits "à cognitivité basse". Les robots pourraient remplacer l'humain dans la première catégorie. Pour la deuxième, les avancées technologiques permettront aux machines de prendre supposément des décisions encore meilleures que celle d'êtres de chair et de sang.

L'accompagnement vers la transition numérique doit certes profiter aux employés mais est destinée avant tout aux chefs d'entreprise. Et le temps presse, selon les intervenants du Forum. Certains secteurs connaissent déjà des mutations profondes qui laissent parfois les patrons perplexes.

En poste depuis le mois d'avril, M. Dreyer a réalisé une centaine de visites auprès des PME genevoises. Il a évoqué le cas de sous-traitants horlogers qui se plaignent d'une absence de visibilité dans leur carnet de commandes. Pour le directeur de l'OPI, cela s'explique par les nouvelles méthodes de consommation, qui impliquent un temps de plus en plus court entre la production et l'achat.

Pour certaines PME, ce nouveau rythme constitue un véritable casse-tête logistique, en termes d'engagement de forces de travail et de distribution aux clients. Les grands groupes mettent sous pression les sous-traitants, en leur demandant de travailler à flux tendu.

Le rachat de stocks réalisé en début d'année par Richemont de montres pour une valeur de "plus de 361 millions de francs" s'inscrit dans cette logique, selon Frédéric Dreyer. Ce dernier estime que le groupe genevois ne veut plus d'accumulation de garde-temps chez les détaillants.

Au-delà des entreprises 4.0, il faut également envisager la "société 4.0" en déterminant quelle forme prendront à l'avenir les contrats de travail et le partage des ressources ou encore dans quelle mesure il ne faudrait pas réfléchir à un salaire universel, a estimé M. Dreyer. "Mais c'est le travail des politiques", a-t-il souligné.

AGEFI

 



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