Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



A Neuchâtel, un nouveau souffle pour le marché des montres de seconde main
 
Le 20-11-2018

Longtemps cantonnée à un marché gris opaque et complexe, l’horlogerie d’occasion ou «pre-owned» se démocratise sous l’impulsion de nouveaux acteurs.

Moins de complications, plus de choix. C’est un peu le constat qui émerge des nouvelles pratiques horlogères en matière de montre d’occasion. L’expression sied mal à des objets de luxe, on lui préfère l’anglicisme «pre-owned». Mais la mode des montres prépossédées recèle de véritables occasions de se faire plaisir.

L’inspiration des modèles d’affaire émergents ne vient pas du luxe. Mais, très prosaïquement, de la voiture. Cela fait des décennies qu’on ne s’inquiète plus de savoir ce qu’on fait de son ancien véhicule lorsqu’on se rend au garage pour acheter une voiture neuve.

En Suisse, l’an dernier, le nombre de voitures d’occasion vendues était deux fois plus élevé que celui des ventes de voitures neuves.

Et pourtant, la voiture ne semble pas particulièrement destinée à un second marché florissant. L’évolution des modes, des dispositifs de sécurité et des moteurs est rapide. Dès que le premier propriétaire tourne la clé de contact, un véhicule voit sa valeur chuter. Alors, où est la raison d’un tel succès?

La première filiale Watchbox en Europe

Pour Patrick Hoffmann, la réponse est évidente: c’est le prix. Les argus et autres évaluations qui font consensus permettent au garagiste de donner un prix, perçu comme peu discutable. C’est ce que cet ancien directeur d’Ulysse Nardin veut créer dans l’horlogerie suisse grâce à l’ouverture, en septembre dernier à Neuchâtel, de la première filiale de WatchBox en Europe. Patrick Hoffmann en est le vice-président exécutif.

La plateforme d’achat, vente et échange de montres de luxe repose sur d’importants stocks de garde-temps mécaniques, mais aussi sur une application qui mêle données de marché, culture horlogère et catalogue.

Des années de récolte de données

Derrière cette application, des années de récolte de données. Résultat: une sorte d’Argus pour les montres, qui représente un vrai changement culturel dans l’horlogerie. «Auparavant, il n’y avait guère que les ventes aux enchères et le marché gris pour fixer le prix d’une montre d’occasion», explique Patrick Hoffmann. Le marché de l’occasion en tant que tel est fort réduit et plutôt risqué, sur Internet. L’application WatchBox donne, elle, des prix indicatifs pour un très grand nombre de modèles, par ailleurs révisés et garantis.

En fait, c’est une sorte de cote qui est visible sur l’application. Le prix d’une montre à un moment donné est fixé, de fait, par le marché. Une courbe des prix au cours de la dernière année, produite à partir des données du marché, tient compte d’une estimation de l’état de la montre. Il ne s’agit pas d’un prix en tant que tel, mais d’un bon de départ», explique Patrick Hoffmann. La qualité des données est aussi évaluée et figure sur un indicateur exprimé en pourcent. Plus le pourcentage est haut, plus la cote est fiable, parce qu’établie par des sources reconnues et un nombre d’occurence élevé.

Personne ne jette une montre

Patrick Hoffmann est donc persuadé que la facilité avec laquelle le prix est établi pourrait pousser les personnes qui laissent des montres dormir dans des tiroirs à les vendre. «Une voiture finit par être obsolète ou se crasher. Ce n’est pas le cas d’une montre qui peut être révisée et repartir comme si elle était neuve après des décennies. Personne ne jette une montre!»

Conséquence: certaines icônes de l’horlogerie suisse deviennent «accessibles». Tout est relatif, certes, et le mot peut avoir deux sens différents. Le premier sied à la Rolex Daytona. Chrono célébrissime, notamment grâce à Paul Newman, c’est le modèle «beach to tux» par excellence. Patrick Hoffmann désigne ainsi les montres de sport réputées pouvoir se porter aussi bien avec un slip de bain qu’un costume trois-pièces (tuxedo).

Cette icône de la marque à la couronne se fait désirer: l’acheter neuve nécessite de patienter parfois plusieurs années. Prix catalogue du modèle acier, cadran noir: 11 800 francs. Chez WatchBox, il y a de fortes chances pour que vous puissiez en recevoir une dans les 24 heures. Elle est donc accessible dans le sens de «disponible»…Mais il vous faudra débourser une somme d’environ 20 000 francs.

PAR LUC-OLIVIER ERARD
arcinfo.ch

 



Copyright © 2001 - 2018 Inter Group News All Rights Reserved