.
Actualités
Rubriques

Vente

Emploi

Contact

 



La «marque personnelle» débarque en Suisse
 
Le 30-10-2018

Marketing. La réputation d’une entreprise passe par celle de ses membres: de cette certitude est née l’entreprise lausannoise Ricochets, active en personal branding.

La confiance ne se transmet plus par les logos mais par les visages, telle est la conviction de Robin von Känel, cofondateur de l’agence Ricochets. Loin d’être une boîte de communication traditionnelle, elle prend soin de l’image des êtres humains et non uniquement de celle des entreprises. «Nous apportons une solution à la perte de confiance générale du public envers la communication corporate», explique-t-il. L’offre de la jeune entreprise en personal branding – la promotion de la marque de chaque individu – cible plus particulièrement les entreprises aux services à haute valeur ajoutée: banques, compagnies d’assurance ou encore société de consultance – mais aussi des entrepreneurs ou encore des professeurs d’université. La société lausannoise a ainsi développé deux services différents en fonction du public ciblé.

Le branding haute couture

Le service Elite est l’application de la réflexion créative que l’on ferait pour une marque à hauteur d’individu. Visant surtout les dirigeants d’entreprise, cette offre n’est ni un coaching de carrière, ni une analyse de la personalité mais une stratégie de communication sur-mesure, taillée pour le client. «La première étape est de définir comment le dirigeant est perçu à la fois sur internet, avec une analyse de la réputation en ligne, mais aussi par ses proches – tant au niveau privé que professionnel. Pour cela, nous organisons des entretiens avec huit personnes de son entourage», commente Robin von Känel. Une fois l’image de la personne cernée, Ricochets établit une stratégie à mettre en place au regard de l’environnement de la personne ciblée: ses concurrents, sa clientèle et ses relations. «Nous identifions les facettes intéressantes de sa personnalité et nous les mettons en avant à travers un plan de communication solide.» La dernière étape est celle de la mise en œuvre de la stratégie à travers des services comme l’instauration d’une identité visuelle, une séance de photos professionnelles, la rédaction d’une biographie, la création éventuelle d’articles, d’un blog ou de vidéos. «Les deux premières étapes durent environ dix semaines, ensuite le temps de la mise en œuvre est très variable en fonction de la stratégie privilégiée.»

Elite étant trop approfondi pour être appliqué à l’ensemble des employés d’une entreprise, Ricochets a développé une offre plus large: le service Equipe.

Etoffer en visant les effectifs

«Nous avons gardé uniquement l’essentiel de notre méthodologie en nous concentrant uniquement sur LinkedIn. Bien au-delà d’un portefeuille de CV, ce réseau est devenu la première vitrine de chacun», dit-il. A la fois propriété des employés et reflet de l’entreprise, les profils Linkedin posent bien souvent problème dans leur manque de cohérence. «Notre proposition de valeur est double: nous harmonisons l’image des employés, au bénéfice de l’employeur, mais nous aidons aussi chaque personne à briller individuellement.»

Le cofondateur donne l’exemple de Mirabeau Canada, la branche canadienne du groupe genevois, qui fut le premier client de l’offre Equipe: «Elle avait une bonne réputation auprès de sa clientèle mais une présence minime sur les réseaux sociaux, ce qui lui conférait une image plutôt austère. Les profils LinkedIn des employés étaient hétéroclites, allant de la page extrêmement formelle à la page trop personnelle à l’instar d’un compte Facebook. Nous avons aidé chaque employé à identifier ses forces professionnelles. Ensuite, nous leur avons créé des profils impeccables.»

Les outils de Ricochets: rédaction de contenu professionnel, séance de photos, analyse des atouts de chaque employé, formations au marketing personnel et à la réputation numérique. Attention, le but n’est pas de transformer les collaborateurs en hommes sandwichs: les employés restent libres de porter ou non les couleurs de la compagnie. L’idée est aussi de ne pas imposer ce service de façon unilatérale, afin de ne pas exacerber les éventuelles réticences: le rythme est progressif afin de donner l’envie aux collaborateurs de participer au mouvement. «Nous débutons avec une volée de cinq à dix personnes, souvent ceux qui sont plus à l’aise sur les réseaux sociaux. Ils deviennent nos ambassadeurs internes. Ensuite, nous travaillons sur les profils d’une grosse dizaine d’employés par an.» Les résultats sont ensuite rapides. Une fois qu’ils disposent d’un bon profil, bien des collaborateurs qui n’avaient jamais communiqué en ligne, commencent à commenter ou partager des articles.

En un an d’existence, la société a réalisé une demi-douzaine de mandats Elite et une quinzaine de missions Equipe. «Bien des grandes firmes ont déjà manifesté leur intérêt. Nous avons pas mal de perspectives de développement, tant et si bien que nous engagerons un collaborateur supplémentaire avant la fin de l’année et un autre début 2019.»

Réplique d’une aventure canadienne en terre romande

Fondée en janvier 2018, la société lausannoise, basée à Ouchy, est la petite sœur d’une entreprise née à Montréal, au Canada. Nommée Eminence, elle est en quelque sorte la jumelle de Ricochets. Les services proposés sont les mêmes et la stratégie des deux entreprises est conçue en concertation.

Rencontre à Montréal avant une déclinaison helvétique
Passionné par le marketing, Robin von Känel ne désirait pas travailler pour des boîtes comme P&G ou Nestlé. «Je ne voulais pas me pencher sur l’image et la réputation de shampoings ou de céréales. C’est le volet humain et bienveillant qui m’intéressait», se souvient-il.

Un diplôme en management de la HEC Lausanne en poche, Robin von Känel est parti à Montreal en 2015 dans le cadre de ses études. Séduit par la région, il a cherché à rester sur place et il a fait la connaissance de Renaud Margairaz, un alumni HEC sur le point de monter une entreprise en personal branding: Eminence. Il a alors rejoint cette aventure pour un stage.

Il retourne en Suisse en 2016 en vue d’effectuer son Master en marketing. L’idée de décliner le modèle d’affaires d’Eminence sur le territoire helvétique germe dans son esprit. Après quelques mandats en Suisse effectués sous la bannière de la société canadienne, il constate d’un véritable intérêt dans le pays. Il fonde Ricochets avec Renaud Margairaz qui, aujourd’hui, partage son temps entre la Suisse et le Canada.

Cet article vous est offert par Swissquote
Sophie Marenne

AGEFI

 



Copyright © 2001 - 2019 Inter Group News All Rights Reserved