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«L’histoire de la femme va dans le sens de Bulgari!»
 
Le 21-09-2018

Rencontre avec le CEO de la marque italienne, Jean-Christophe Babin, à Genève pour faire le point sur le business.

Depuis un an, Bulgari a choisi l’Hôtel de la Paix comme base arrière à Genève. Un cinq-étoiles qui, selon son directeur, Guillaume Benezech, affiche un taux d’occupation de 90% pour les mois d’août et de septembre. La marque italienne – qui investira encore l’établissement pendant le prochain SIHH – arbore aussi un sourire épanoui, alors que la presse franco-suisse se réunissait au Fiskebar autour de son CEO, Jean-Christophe Babin. Signe d’une créativité foisonnante, cinq des six montres présentées au Grand Prix d’Horlogerie de Genève ont été présélectionnées pour la soirée du 9 novembre. Après avoir ouvert trois nouveaux hôtels, à Pékin, Shanghai et Dubai, Bulgari vient de lancer trois projets, à Paris, Moscou et Tokyo. Quant à la collection de haute joaillerie Wild Pop, dévoilée à Rome juste avant l’été, elle a fait un carton auprès de sa clientèle.

Comment expliquer le succès de cette collection dédiée aux années 80?

Le public de la haute joaillerie a entre 30 et 60 ans. Pour la majorité d’entre eux, les années 80 sont quelque chose de familier, de personnel, qui renvoie à une période importante de leur jeunesse. Cela a eu une résonance forte au niveau émotionnel, parce que c’est une période qui les a marqués, au niveau des couleurs, de la créativité, notamment dans la musique. Nos clients n’ont pas été surpris de la référence à l’époque, mais plutôt de la façon dont Bulgari a repris certains codes pour en faire des pièces de haute joaillerie. Commercialement, ce fut un gros succès. À tel point que nous avons dû réduire le nombre d’événements à l’étranger, car le nombre de pièces disponibles après le lancement de la collection s’est réduit par rapport à nos prévisions...

Une exposition, intitulé «Tribut à la féminité» vient de débuter à Moscou, au Kremlin, autour de pièces emblématiques de la marque...

C’est l’exposition la plus riche qu’on ait faite, dans la mesure où il y a plus de 500 pièces présentées, la plupart provenant de nos collections privées. Certaines pièces, comme la collection d’Anna Magnani acquise récemment, sont exposées pour la première fois. Cette exposition témoigne de la diversité de la marque. Dans la salle consacrée au Tubogas, par exemple, on se rend compte ainsi qu’il y a une cinquantaine de créations différentes les unes des autres. Malgré les codes forts de la marque comme le Serpenti ou le Tubogas, Bulgari reste une marque capable, à travers son art horloger et joaillier, de les réinterpréter à travers les décennies pour en faire des mythes.

Pourquoi Bulgari a-t-elle choisi d’acheter ces pièces historiques?

L’héritage est capital pour envisager le futur: c’est en se connaissant bien soi-même que l’on peut envisager un avenir, tout en construisant une cohérence de marque à travers les générations. En conduisant cette exploration dans le passé, on se rend compte que certaines périodes sont moins couvertes que d’autres en termes de pièces disponibles; que certaines pièces sont intéressantes à montrer pour mieux les faire comprendre. Partant de là, on participe à la plupart des ventes aux enchères, en particulier à Genève; on est aussi présent sur des réseaux de rachat de pièces anciennes; et puis, dans des villes comme New York ou Rome, on fait même de la publicité dans des quotidiens. C’est une politique pro active, mais avec des objectifs très ciblés.

Elisabeth Taylor, Sophia Loren et Anna Magnani portaient Bulgari, aujourd’hui, c’est Bella Hadid et Jasmine Sanders... Quel regard portez-vous sur l’évolution de cette féminité avec les années?

À l’époque, les célébrités qui ont contribué au succès de Bulgari étaient avant tout des actrices. Aujourd’hui, le phénomène du digital fait que beaucoup d’autres personnalités sont devenues influentes. Bella et Jasmine sont des témoins de la génération 2020 – à savoir des femmes jeunes qui ont accédé à une vie professionnelle qu’elles se sont elles-même créée et qui montrent une maturité et une détermination étonnante pour leur âge. Quand on a commencé à travailler avec Liz Talyor, elle avait près de 40 ans. Jasmine Sanders et Bella Hadid avaient à peine 20 ans. Aujourd’hui, il y a un accès plus rapide à de l’argent discrétionnaire. C’est lié à l’entrepreneuriat, à l’émergence de nouvelles technologies, on est dans une période de l’humanité très créative qui peut conduire à des moyens importants plus rapidement que les grandes fortunes traditionnelles de l’aristocratie ou des vedettes hollywoodiennes. La femme a aussi gagné une indépendance de ses goûts, via son activité professionnelle, qu’elle peut exprimer à travers des marques ou des designs qui lui parlent plus que d’autres. Bulgari a toujours été une marque audacieuse, avec des symboles forts et des contrastes assez épicés. Elle correspond particulièrement bien à cette génération de femmes contemporaines, indépendantes, qui achètent pour elles. L’histoire de la femme va dans notre sens!

Par Jean-Daniel Sallin
Tribune de Gèneve

 



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