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Lancement d’un nouveau coeur de montre mécanique et sans spiral
 
Le 22-11-2017

DR01. Dominique Renaud revisite les fondamentaux de l’horlogerie traditionnel Avec pour seul appui sa maîtrise du métier

L’événement est assez rare pour être souligné. Ce mercredi, Espace Muraille, vieille ville de Genève, l’horloger Dominique Renaud dévoilera sa dernière innovation.

Rien moins qu’un nouveau coeur de montre mécanique, lové dans une montre de démonstration en forme d’arche. Ce coeur bat sans le fameux ressort spiral dessiné par Christiaan Huygens au 18e siècle et repose sur une articulation très simple: une charnière construite sur le fil de lames opposées.

Un objet de curiosité assurément, dont la dimension expérimentale n’échappera pas aux connaisseurs. Et le premier réflexe, sans doute, sera de comparer l’invention à celle que Jean-Claude Biver (président du pôle horloger de LVMH) a récemment présentée chez Zenith, «Defi Lab», qui présente également un coeur de montre libéré du ressort spiral, mais construit là sur des technologies importées de l’électronique, puisque tout est gravé dans le silicium. Une sorte de quartz mécanique en réalité, très éloigné de la proposition 100% mécanique et horlogère de Dominique Renaud.

La proposition est tellement osée en réalité, que, précisément, personne ne la prendrait au sérieux si elle n’émanait pas de Dominique Renaud: comment est-il possible qu’un horloger et seulement trois collaborateurs, sans budget, et en à peine quelques années (entrecoupées d’autres mandats alimentaires) parviennent à mettre au point une telle innovation?

Créativité naturelle

La réponse tient dans la créativité naturelle de Dominique Renaud et sa capacité à oublier la théorie. La réponse tient aussi à la présence de Luiggino Torrigiani, son associé, qui fut l’un des créateurs de Solar Impulse SA, rompu donc aux projets impossibles, «dreammaker pour visionnaires» tel qu’il se décrit lui-même. La réponse tient encore dans l’engagement de l’homme d’affaires genevois Eric Freymond, qui a soutenu l’entreprise dès la première heure, en souscrivant une montre à un million de francs, sur la seule base de la confiance et d’une poignée de croquis.

C’est que Dominique Renaud est une figure historique de l’horlogerie, presque un mythe. Le maître horloger a accompagné toute la renaissance de la haute horlogerie à la fin des années 1980 en rompant avec les habitudes d’une industrie convalescente, qui ressortait de la crise du quartz amputée de toute une génération d’horloger. Dominique a 27 ans lorsqu’il ouvre, avec son associé Giulio Papi, la manufacture Renaud & Papi, et participe à remettre l’horlogerie sur les rails de la haute complication. De la PME sortiront certains des grands noms de la montre d’exception d’aujourd’hui, dont Robert Greubel, de Greubel Forsey, pour n’en citer qu’un. Tant et plus qu’Audemars Piguet entre dans le capital et finit par prendre la majorité. Dominique Renaud, lui, vendra ses parts et quitte la Suisse dans les années 2000. Avant de revenir, douze ans plus tard, en fondant sa propre start-up. La seule structure dans laquelle il se sent capable d’exprimer toute sa créativité, dit-il.

La présentation à Genève n’est d’ailleurs qu’une étape. Le programme «DR01» devrait s’étirer sur douze exemplaire de ce nouveau coeur mécanique. Douze versions laboratoires, dont la destination est de permettre de comprendre le mécanisme, d’en cerner les paramètres fonctionnels et, pourquoi pas commencer à échafauder une théorie. Car l’on part ici de zéro: pas de théorie, pas de modélisation, pas d’algorithme, même pas d’instrument de mesure, seulement des intuitions. L’étape clé, celle qui convaincra définitivement toute l’industrie sera le bulletin de marche, et ce dernier pourrait surprendre car le nouveau coeur de montre présente la particularité d’être complètement affranchi des limites du balancier-spiral inventé au XVIIIe siècle: pas de frottement, pas de limite d’inertie. Il est donc susceptible d’atteindre des fréquences d’oscillation très élevées en dépensant un minimum d’énergie. Le tout au service, avant tout, au service du spectacle mécanique. Un vrai Graal dans une industrie horlogère en quête d’un nouveau souffle.

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Stéphane Gachet

AGEFI

 



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