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Le franc est toujours trop fort, selon la BNS
 
Le 19-05-2017

Marché des changesEn dépit de prévisions d’affaiblissement du franc par rapport à l’euro, la Banque nationale suisse n’entend pas lâcher les taux d’intérêt négatifs.

«Le franc est toujours surévalué. C’est pourquoi les taux d’intérêt négatifs et notre disposition à intervenir sur le marché des devises demeurent nécessaires », indique le président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS), Thomas Jordan. Les épargnants et les caisses de pension sont donc prévenus.

Le message de Thomas Jordan peut néanmoins surprendre. Des prévisions d’affaiblissement du franc par rapport à l’euro se multiplient en effet depuis le début de l’année. Cette tendance s’est encore renforcée après le succès d’Emmanuel Macron lors de la dernière élection présidentielle française. « Nous avions déjà relevé notre prévision à trois mois de 1,08 franc à 1,10 et celle à six mois de 1,12 franc à 1,14 franc, lorsque le cours de l’euro a atteint la barre de 1,08 franc avec ces élections. Nous avons en revanche maintenu notre estimation à un an à 1,16 franc », indiquait il y a deux semaines le chef stratégiste en devises d’UBS, Thomas Flury. L’euro coûte aujourd’hui un tout petit peu plus de 1,09 franc.

Mais en fait le renforcement de l’euro est attendu depuis le début de l’année. Un retour d’inflation significatif a en effet favorisé les prévisions en ce sens. L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,3% en janvier, sur un an. Le même rapport en janvier 2016 était de –1,3%. Dans ce contexte les taux d’intérêt négatifs étaient de plus en plus remis en cause. En Suisse et dans la zone euro.

Aucune chance d’y échapper

Bref rappel sur la nature de telles mesures. La Banque centrale européenne avait introduit le 5 juin 2014 un taux de dépôt fixé à –0,1%. Son homologue helvétique avait eu la main beaucoup plus lourde. La BNS avait en effet commencé avec moins 0,25% en décembre 2014, puis le triple dès le mois suivant. Ces taux d’intérêt négatifs sont perçus sur les comptes de virement des banques hébergés à la BNS et contenant plus de 10 millions de francs.

Quelques banques ont d’ailleurs répercuté cet «émolument», directement ou indirectement, sur les comptes de leurs clients. Mais en fait, quel que soit l’établissement choisi, l’épargnant n’a à vrai dire aucune chance d’échapper complètement aux taux d’intérêt négatifs. Les caisses de pension, gérant actuellement environ 800 milliards de francs d’avoirs de prévoyance professionnelle (deuxième pilier), sont en effet pleinement touchées par cette mesure. De sorte que, l’an dernier, la rémunération minimale du deuxième pilier est passée de 1,75 à 1,25%. Décision prise par le Conseil fédéral.

Par Philippe Rodrik
24heures.ch

 



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