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L’horloger Frédérique Constant va doubler sa manufacture et ses effectifs
 
Le 18-05-2017

Le groupe racheté par Citizen investit 10 millions dans une extension de son usine de Plan-les-Ouates.

Le petit monde horloger ne boudait pas son plaisir, mardi soir, face aux pelles mécaniques installées sur le parking de l’usine Frédérique Constant. Le futur chantier d’une fabrique promettant une centaine d’emplois à «Plan-les-Watches»? De quoi rompre avec les «charrettes» de licenciements qui ont rythmé la vie du secteur l’an dernier.

«Notre manufacture de 3200 mètres carrés va atteindre ses limites; nous y produisons 150 000 pièces annuellement et voulons monter à 250 000 pièces d’ici à cinq ans», décrit Peter Stas, qui reste à la présidence du groupe vendu l’an dernier au géant nippon Citizen. Du travail en plus qui nécessitera de quasi doubler les effectifs, qui passeraient à 250 personnes.

250 000 pièces par an

Le bâtiment contigu, de 3000 mètres carrés, devrait être achevé d’ici à la fin de 2018. Sa construction représente un investissement de 10 millions de francs. Relié par un pont de verre à l’usine actuelle, il accueillera également une boutique et un musée.

«Cette expansion montre notre capacité à développer notre activité dédiée au luxe accessible», martèle celui qui avait créé en 1988 avec sa femme un groupe qui inclut également les marques Alpina et Ateliers DeMonaco.

L’ensemble a vu l’an dernier son chiffre d’affaires reculer de 5%, en raison d’un coup de rabot sur les tarifs. La reprise observée cette année se traduisait à la fin d’avril par un rebond de 4% des ventes sur un an. Luxe «accessible» rime avec des montres d’un prix moyen d’environ 2000 francs.

Le gros de l’activité de la manufacture genevoise est dédié aux modèles automatiques – dotés d’un mouvement Sellita, ils représentent 40% de la production – et à quartz. Un de ses étages se consacre aux modèles haut de gamme, qui représentent 25% des volumes, et dont les calibres sont manufacturés sur place.

La guerre de l’électronique

Reste 10% de l’activité, qui sont dédiés aux montres dites connectées, un segment dans lequel Frédérique Constant et son ancien propriétaire ferraillent depuis 2015.

Après la vente de sa manufacture genevoise à Citizen – ses enfants n’avaient pas souhaité la reprendre – Peter Stas a en effet conservé la filiale MMT. Cette dernière élabore des «modules» destinés à être insérés dans des montres à quartz classiques, afin de les rendre connectables et «intelligentes» – avec les applications informatiques qui les accompagnent.

Ces modules animent des Frédérique Constant ou des Alpina connectées – leurs ventes sont en hausse de 20% sur un an – mais aussi d’autres marques comme Movado ou Mondaine. Résultat, le chiffre d’affaires de MMT s’accroît au rythme de 40% par an, selon son patron.

La solution retenue par MMT est une voie intermédiaire évitant de basculer dans la montre à écran, de type Samsung ou Apple. Le microprocesseur fait simplement bouger les aiguilles pour notifier l’arrivée d’un courriel ou les adapter à l’heure locale.

Connectée et Swiss Made

Un segment ultraconcurrentiel – les Alpina connectées démarrent à 595 francs pièce – sur lequel la marque s’accroche pourtant bec et ongles au Swiss Made, contrairement, par exemple, aux TAG Heuer connectées.

«Des prix autour de 1000 francs génèrent des marges suffisantes pour conserver ce label suisse», assure Peter Stas. Ce Néerlandais d’origine dit par ailleurs plancher pour 2018 sur une version «avec écran intégré dans le cadran».

A l’en croire, le nouveau propriétaire de sa société – un géant nippon de l’électronique – ne prévoit pas de partenariat dans le domaine des montres connectées, à l’image de celui entre Samsung et l’horloger genevois Yvan Arpa. «Citizen nous a rachetés pour disposer de nos deux marques ainsi que de notre savoir-faire dans les mouvements de manufacture, pas pour nos montres connectées», reconnaît Peter Stas en marge de l’inauguration du chantier de sa future usine.

Par Pierre-Alexandre Sallier
24heures.ch

 



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