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Mike Baur, un «jeune fou» contre les «gros chats»
 
Le 17-05-2017

Au cours de sa carrière, le Fribourgeois d’adoption Mike Baur a bousculé le management tranquille des banques privées. Il a cofondé l’accélérateur Swiss Startup Factory.

Une manufacture pour assembler pièce par pièce les entreprises suisses de demain, à l’image de l’industrie horlogère. C’est en échangeant avec son mentor Jean-Claude Biver, aujourd’hui à la tête des montres du groupe LVMH, que Mike Baur a commencé à nourrir l’idée d’un accélérateur de start-up. Avec ses deux partenaires Max Meister et Oliver Walze, il donne naissance à la Swiss Startup Factory en décembre 2014 à Zurich. «Il existe de nombreuses plateformes comme la nôtre mais elles sont pour la plupart soutenues par les autorités publiques, souligne-t-il. Nous voulions développer un accélérateur financé et géré de façon privée, indépendante et surtout entrepreneuriale.»

Les projets early stage actifs dans le numérique se bousculent rapidement au portillon. Trente pour cent d’entre eux évoluent dans le domaine des technologies financières. L’accélérateur est soutenu par des partenaires stratégiques comme AMAG, Red Bull Media House et Helvetia.

Né à Schaffhouse, grandi à Fribourg, Mike Baur, 42 ans, a toujours senti une fibre entrepreneuriale vibrer en lui. «Si à l’époque j’avais eu accès aux moyens d’aujourd’hui, j’aurais certainement monté ma start-up.»

Mais il fait son apprentissage chez UBS à Fribourg. Il y trouve sa place et évolue rapidement dans la grande banque. «Le top management m’a toujours considéré comme le jeune fou de la banque», plaisante-t-il. En 2000, il décroche le poste d’assistant du directeur général du private banking Suisse chez UBS à Zurich. Huit ans plus tard, le CEO de Clariden Leu, fruit de la fusion de plusieurs banques privées, le repère et l’engage comme responsable pour la région de Zurich, «pour réveiller le management de la banque».

Mike Baur quitte ainsi UBS quelques semaines avant que la grande banque ne plonge officiellement dans la tourmente de la crise financière. Il en profite pour recruter des anciens de son ex-employeur et rapatrier de grands comptes au sein de Clariden Leu. «La crise a été une opportunité pour nous, affirme-t-il. Mais les équipes en place n’ont pas forcément apprécié les changements à l’interne, ce qui a créé des clashes.»

Pour lui, de nombreux managers et conseillers dans la banque privée sont victimes de ce qu’il nomme, dans un éclat de rire, le «syndrome du gros chat». «Ils sont peu proactifs, réticents au changement, et se sont ainsi retrouvés impuissants face à une crise financière. Aujourd’hui, ils subissent la transformation numérique qui touche toutes les couches de l’industrie mais qu’un bon nombre parmi eux continuent de nier.»

Plusieurs activités en parallèle

En 2011, c’est la consécration. Il est nommé directeur du private banking pour la Suisse. Mais il déchante rapidement. Quelques mois après sa nomination, Clariden Leu est entièrement reprise par Credit Suisse. «Nous n’étions pas préparés à cette intégration. Je me suis alors retrouvé dans une grande structure où je risquais de perdre cette fibre entrepreneuriale que me permettait Clariden Leu. Je me suis dit que c’était le meilleur moment pour faire le grand saut.» Un tournant que lui permet d’assurer le rachat de ses parts dans Clariden par Credit Suisse. Avec le précieux soutien de son épouse et le conseil de son mentor Jean-Claude Biver.

Les premiers temps sont durs. Il rencontre ensuite ceux avec qui il fondera l’accélérateur Swiss Startup Factory. En parallèle, il poursuit des mandats de conseil stratégique pour de grands patrimoines installés en Suisse. «Ces mandats occupent aujourd’hui environ 35% de mon temps, le reste étant dédié à l’accélérateur.» Mais aussi à la diffusion de la bonne parole auprès des entrepreneurs en devenir au sein des hautes écoles et universités. Surtout dans le cadre d’une industrie financière en mutation.

«Je suis l’exemple parfait. Si Clariden Leu n’avait pas été intégrée à Credit Suisse, je serais peut-être encore aujourd’hui manager dans une banque, souligne Mike Baur. Lorsque je parle à de futurs entrepreneurs, je leur dis: «Sautez de l’avion et collectez toutes les pièces qui vous empêcheront de vous écraser au sol.»

PAR DINO AUCIELLO
BILAN

 



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