Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Jaeger-LeCoultre «survivra à tous les bouleversements»
 
Le 18-01-2017

Daniel Riedo, directeur général de la marque de la vallée de Joux, explique comment il a pu supprimer entre 120 et 130 postes sans recourir à un plan social. Et évoque son propre avenir au sein de l’entreprise

C’est en même temps une force et une faiblesse. Jaeger-LeCoultre, manufacture de la vallée de Joux connue notamment pour ses Reverso, collabore volontiers avec des employés temporaires. «Lorsque nous étions en croissance, certains me disaient que nous avions trop de contrats à durée limitée. Mais c’était une sécurité; cela nous a permis d’éviter de recourir à un plan social ces derniers mois», justifie Daniel Riedo, patron de la marque rencontré mardi au Salon international de haute horlogerie (SIHH). Voilà pour la force.

La faiblesse vient, elle, de la formation. «Cela nous coûte, car ces gens viennent chez nous, nous devons les former, et ensuite ils partent, parfois chez d’autres horlogers…» Pendant les années de croissance à deux chiffres, il a été possible de transformer ces contrats de 12-18 mois en contrat à durée indéterminée, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mauvaise conjoncture oblige.

Ainsi, en 2014, la marque en mains du groupe Richemont comptait 1350 employés dans le monde. «Aujourd’hui, nos équipes internationales se sont un peu étoffées mais nous avons réduit nos effectifs en manufacture», détaille Daniel Riedo. Concrètement, la marque dont les ventes sont estimées à 645 millions de francs compte «environ 120 à 150 personnes de moins qu’il y a trois ans».

«L’important, c’est la continuité»

Cette restructuration ne s’arrêtera d’ailleurs peut-être pas aux premiers étages de la fabrique. Ce n’est un secret pour personne dans l’industrie: depuis que le groupe de luxe a repensé son organe de direction en novembre dernier, l’avenir de certains patrons de marques est encore flou. Mardi, dans ces colonnes, le directeur de Piaget Philippe Léopold-Metzger déclarait par exemple qu’il «y aurait bien sûr un changement de génération» au sein du groupe, sans en dire davantage.

De son côté, Daniel Riedo commence par affirmer que la marque dont il s’occupe est plus forte que lui: «Elle survivra à toutes les vagues ou tous les bouleversements. Ce qui est important, c’est qu’il y ait une continuité avec les équipes et les clients.» Sera-t-il encore à cette même place au prochain SIHH? «Nous verrons. J’espère que oui, mais chaque chose en son temps».

La relation avec Georges Kern, jusqu’ici responsable de la marque IWC et désormais en charge du pôle horloger de Richemont, en est encore à ses débuts. «Nous avons plus de contacts avec lui qu’avant, mais, pour les détails, je vous suggère de vous adresser directement à lui», sourit Daniel Riedo.

Rachats de stocks en cours

Ce dernier préfère s’étendre sur d’autres phénomènes. Les rachats d’inventaires, par exemple. Pour s’assurer que ses détaillants sont à jour, la marque leur rachète actuellement certaines pièces. Par exemple des répétitions minutes. «Nous proposons aujourd’hui la quatrième génération de ces modèles et certains détaillants en sont encore à la deuxième. Il faut faire certains nettoyages», note le directeur. Une fois les pièces rachetées, les mouvements sont généralement réutilisés pour le service après-vente et les boîtes en or sont fondues.

Cette tendance va de pair avec l’accélération du cycle de vie des produits. Les habitudes et les goûts changent plus vite que jamais. Un exemple: les tourbillons. Si, en 2014, la manufacture fabriquait «énormément» de ces complications mécaniques – elle ne donne pas de chiffres –, en 2016, elle n’en fait plus que la moitié. «Les Asiatiques, qui représentent une grande partie de notre clientèle, appréciaient beaucoup les pièces démonstratives. Maintenant, ils préfèrent ce qui est plus sobre.»

Alors la manufacture vend davantage de quantièmes perpétuels, propose de nouveaux chronographes… «L’outil de production doit pouvoir s’habituer rapidement à ces changements.» Une autre force du recours à des employés temporaires.

Valère Gogniat
LE TEMPS

 



Copyright © 2001 - 2017 Inter Group News All Rights Reserved