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La chute des ventes de montres suisses affole Hongkong
 
Le 11-05-2015
de SOJH® - News des détaillants

La fédération des distributeurs se plaint de la baisse des ventes et demande des rabais sur le premier marché d’exportation des garde-temps helvétiques

Ils font face à une «crise profonde» et l’ont fait savoir par écrit. Fin avril, les horlogers suisses ont reçu un courrier de leur principal client, les vendeurs de montres de Hongkong. Dans cette lettre de trois pages, que Le Temps a pu lire, HK Watch s’inquiète de l’effondrement des ventes au premier trimestre. Pour y faire face, la fédération des distributeurs de montres demande aux marques horlogères de mettre de l’ordre dans leurs prix et de leur accorder des rabais.

Portée ces dernières années par la clientèle chinoise, la place de Hongkong s’est hissée au premier rang des ventes de montres «Swiss made». Toutes les marques y ont pignon sur rue, rivalisant par le nombre des boutiques. La plupart d’entre elles sont contrôlées par des entreprises hongkongaises comme Emperor, Chow Tai Fook ou Global Timepieces, des sociétés qui ont signé la lettre de la HK Watch. La Suisse exporte près de 20% de ses garde-temps dans l’ancienne colonie britannique, qui constitue son premier marché, presque deux fois plus grand que son deuxième, les Etats-Unis, et trois fois son troisième, la Chine continentale.

Au cours des dix dernières années, les ventes ont triplé, mais 2014 a mis un terme aux «folles années», comme le rappelle le responsable à Hongkong d’une grande marque suisse qui a reçu la lettre d’HK watch. Dans ce courrier, la fédération écrit que les ventes «ont chuté d’au moins 40% au premier trimestre» 2015. Côté suisse, les chiffres de la Fédération horlogère sont moins dramatiques: entre janvier et mars, les exportations ont reculé de 10%, à 872 millions de francs. Cette différence explique pourquoi les distributeurs de Rolex, Omega ou Cartier soulignent que leur stock d’invendus a atteint «un niveau incalculablement élevé de 6 à 10 mois pour certaines marques». Invoquant en outre des loyers, «les plus élevés du monde depuis deux ans», les Hongkongkais jugent «extrêmement difficile de maintenir nos recettes, sans parler de rentabilité».

Les ventes chutent pour deux principales raisons, selon HK Watch. Les taux de change, d’une part. L’affaiblissement de l’euro et la montée du franc, suite «à la décision inattendue de la Banque nationale suisse» de supprimer le cours plancher face à la monnaie unique, ne font plus de Hongkong une place bon marché. Le nouveau comportement des touristes, d’autre part. Plus libres de leur mouvement, suite notamment à des accords pour faciliter l’obtention des visas, les touristes chinois se rendent relativement moins à Hongkong.

«Sur le fond, les distributeurs ont raison», réagit le responsable de la grande marque suisse. En poste depuis plusieurs années à Hongkong, il observe que «c’est la première fois qu’ils nous écrivent de la sorte». Cet horloger dit avoir déjà baissé ses tarifs. Il reconnaît que «des écarts de prix de 30 à 40% entre deux régions, cela n’a plus de sens à l’heure où il est devenu si facile de faire des comparaisons et de voyager dans le monde. A moins que ce ne soit justifié par une affaire de taxe. Or Hongkong est connu pour être un immense duty free.»

Un autre spécialiste du marché horloger de Hongkong juge que les distributeurs ont poussé «un coup de gueule. Il faut les écouter, car sans eux, on ne vend pas de montres ici. Cela dit, les horlogers vont aussi leur rappeler que certains d’entre eux ont bien profité des belles années, et ont parfois eux-mêmes monté les prix pour profiter d’une clientèle chinoise un temps captive.»

Tous les horlogers ne souhaitent en tout cas pas ajuster leurs prix, à l’image de Swatch group qui demande à la branche de rester calme (lire ci-dessous). Contactée vendredi, HK Watch indique avoir reçu plusieurs réactions, sans les détailler pour le moment. Dans sa lettre, la fédération conclut en espérant trouver une solution «gagnant-gagnant» qui permette de renforcer la place de Hongkong comme «paradis du shopping».

Frédéric Lelièvre
LE TEMPS

 



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