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Cartier ferme sa boutique de la rue de Bourg à Lausanne
 
Le 17-04-2015
de SOJH® - News des détaillants

Le joaillier tourne le dos à la capitale vaudoise. Les clients sont invités, dès septembre prochain, à se déplacer à Genève.

Le courrier, daté du 10 avril et signé de Guillaume Alix, directeur général de Cartier Suisse, est pour le moins laconique: «Nous souhaitons vous informer que la boutique Cartier de Lausanne fermera ses portes le jeudi 10 septembre 2015. Nous tenons à vous remercier pour toute la confiance que vous nous accordez. Au nom de la Maison Cartier, nous nous engageons à continuer à vous offrir un service exclusif et privilégié. Nous espérons ainsi avoir l’honneur de vous recevoir à la boutique Cartier de Genève, au 35, rue du Rhône, pour une présentation personnalisée des créations de la Maison.»

La messe est dite: en automne prochain, l’élégante rue de Bourg, à Lausanne, perdra l’une de ses deux enseignes de haute joaillerie, et la Maison Bucherer, située pratiquement en face du géant du luxe français, sera bien seule.

Décision «stratégique»

Les six personnes que la boutique emploie, avec lesquelles des négociations sont en cours, s’interdisent le moindre commentaire.

En revanche, au siège de Cartier Suisse, à Genève, on ne fait pas mystère d’une décision qualifiée de «stratégique». «La rentabilité du magasin de la rue de Bourg, qui existe depuis quelques dizaines d’années, n’est pas en cause, précise Elisabeth Guérin, porte-parole. Mais il faut bien admettre que Genève n’est qu’à 60 km de Lausanne et que nous disposons, au bout du lac, d’une nouvelle boutique qui, après d’importants travaux achevés en novembre 2013, est passée de 170 à près de 1000 m2. C’est cela qui explique la fermeture décidée à Lausanne, et rien d’autre.»

Cartier Suisse, dans la foulée, assure qu’aucun autre regroupement stratégique n’affectera les autres boutiques à travers le pays, à savoir celles que le joaillier possède à Lugano, à Saint-Moritz, à Lucerne, à Gstaad, à Zurich et à Bâle.

Claude Jutzi, directeur de Bucherer et président de l’Association des commerçants de la rue de Bourg et de Saint-François, regrette cette fermeture, qu’il ignorait par ailleurs.

«Depuis quelques années, nous entendions passablement de rumeurs sur l’avenir de la boutique Cartier, dont la direction changeait fréquemment. Néanmoins, je ne m’attendais pas à un départ, qui nous prive d’un excellent concurrent. Ce n’est jamais bon pour les affaires, souligne-t-il.

La rue a perdu le joaillier Pierre Grumser en 2010 et nous n’étions plus, dès lors, que deux maisons à proposer de la haute joaillerie, à savoir des pièces valant 100 000 francs ou plus. Désormais, il est à craindre que les clients fortunés qui logent au Beau-Rivage, au Lausanne-Palace ou, bientôt, au Royal Savoy ne soient tentés de sauter dans une limousine et de se faire conduire à Genève.»

Claude Jutzi, dont la famille a exploité jusqu’en 1983 le Bazar Vaudois, place Saint-François, déplore que Lausanne, dans son domaine d’activité, semble vouloir se contenter de son statut de capitale provinciale: «Nous cultivons une image bucolique et peu dynamique, dit-il, et je regrette que nous nous vendions mal, avec une humilité que je trouve déconcertante.»

24heures

 



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