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Les horlogers n’ont pas encore comblé leur appétit pour les boutiques
 
Le 10-06-2014
de SOJH® - News des détaillants

La société Hublot vient d’inaugurer son 70e point de vente en propre, à Zurich. D’autres marques prévoient également de nombreuses ouvertures de points de vente en propre

Ce n’est pas un aigu ralentissement des exportations horlogères qui va doucher l’enthousiasme et l’optimisme débordant des marques horlogères. Au contraire, elles continuent de tisser leur toile partout sur la planète, avec une profusion de nouvelles boutiques afin d’attirer le chaland. Hublot, l’une des plus dynamiques en la matière, vient d’ouvrir sa 70e boutique dans le monde. Elle a été inaugurée jeudi dernier à Zurich, sur la Bahnhofstrasse.

Il s’agit d’une expansion menée tambour battant depuis 2007, selon un communiqué de presse de la marque appartenant au numéro un mondial du luxe, LVMH. A tel point que la société sise à Nyon ouvre près d’une boutique par mois en moyenne depuis sept ans. Ce rythme va se poursuivre d’ici à la fin de l’année, avec des ouvertures prévues à Dubaï, Chengdu, Nassau, Miami, San Francisco et sur un bateau de croisière voguant dans les Caraïbes, le Quantum of the Sea, a confié au Temps Ricardo Guadalupe, patron de la marque.

Ces boutiques ont toutefois un prix, notamment parce qu’elles se situent sur les artères les plus onéreuses de la planète. Le critère décisif, dans le choix d’une enseigne, c’est l’emplacement. «Dans leur écrasante majorité, ces boutiques sont rentables. A l’exception d’un petit nombre en Grande Chine, car la marque y est en phase d’investissements et de stratégie de conquête», complète le directeur général.

Cette frénésie de boutiques n’est pas le seul apanage d’Hublot. Omega, la marque phare de Swatch Group, étend également sans cesse son réseau international. En à peine une dizaine d’années, elle a ouvert 127 boutiques «corporate», c’est-à-dire qu’elle possède en propre, et 204 magasins monomarque franchisés. La marque dit étudier différentes pistes en ce qui concerne les prochaines ouvertures. Quelle est la limite à cette frénésie? «Il n’y en a pas», nous répondait récemment, sur le ton de la plaisanterie, Stephen Urquhart, président d’Omega.

De son côté, la marque de haute horlogerie Breguet possède aujourd’hui 33 boutiques monomarque, toutes détenues en propre. «A court terme, d’ici au début de 2015, nous prévoyons l’ouverture de deux nouvelles boutiques, la première en Chine et la seconde en Russie», selon une porte-parole de l’entité appartenant aussi à Swatch Group. La chaux-de-fonnière TAG Heuer escompte, quant à elle, l’ouverture de quelque 18 boutiques d’ici à la fin de l’année, avons-nous appris. La marque, en mains de LVMH, n’a cependant pas détaillé les lieux et le calendrier. Pour l’heure, la société dispose d’un réseau de 172 emplacements, dont 67 boutiques en propre.

Le groupe Richemont a depuis longtemps commencé à tisser sa toile mondiale. Ses propres boutiques pèsent d’ailleurs davantage que le réseau traditionnel des détaillants. Le chiffre d’affaires qu’elles génèrent représente 55% des ventes totales du numéro deux mondial du luxe. Gary Saage, directeur financier de Richemont, indiquait il y a peu que 40 nouvelles boutiques étaient prévues cette année. Neuf ouvertures sont attendues pour sa marque Cartier, alors que la société en compte 289 dans le monde L’an dernier, le groupe avait consenti des investissements de 265 millions d’euros dans son réseau «retail» (commerce de détail).

S’implanter dans un lieu précis n’est cependant pas définitif, ni un gage de succès sur la durée. «Il faut savoir être très réactif, rien n’est à tout jamais figé. Prenez New York, avec des quartiers comme Soho ou Wall Street qui, grâce à la reconstruction de Ground Zero, gagnent en importance», selon Stephen Urquhart. Le président précise toutefois que ce sont les flots de touristes asiatiques, surtout chinois, qui ont le plus changé la donne cette dernière décennie. Malgré cette vaste offensive, les horlogers ne remettent toutefois pas globalement en cause leur présence chez les détaillants généralistes, qui continuent à assurer aux marques une part significative de leur chiffre d’affaires.

Bastien Buss
LE TEMPS

 



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