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Richemont avance intelligemment mais déçoit les attentes à court terme
 
Le 12-11-2018

Résultats. Les opérations stratégiques ont eu un impact important sur le bénéfice d’exploitation et la trésorerie nette du premier semestre.

Yoox Net-A-Porter (YNAP) et Watchfinder, deux investissements stratégiques dans le commerce de détail en ligne («online retail»), sont consolidés dans les comptes du groupe Richemont depuis les 1er mai et 1er juin 2018 respectivement. Par ailleurs, la réflexion permanente sur le portefeuille d’activités a également conduit Richemont à céder Lancel (maroquinerie).

Ces opérations stratégiques ont eu des répercussions importantes sur le résultat d’exploitation et la trésorerie nette de Richemont au premier semestre clos le 30 septembre 2018. Celle-ci s’élevait alors à 1,584 milliard d’euros.

Le marché financier, dont la majorité de ses intervenants est orientée à 12 mois, l’a pris négativement en faisant chuter vendredi l’action Richemont de plus de 6%. Pourtant, si l’on extrait les éléments liés aux distributeurs en ligne et la cession avec perte de Lancel, les résultats sont conformes aux attentes, jugent par exemple les analystes de la Banque Cantonale de Zurich (BCZ).

Hausse de la marge brute

L’amélioration de la marge brute (+16%) a été largement absorbée par la hausse des charges, ce qui s’est traduit par un recul de 3% à 1,130 milliard d’euros du résultat d’exploitation. Cette augmentation de coûts s’explique essentiellement par la consolidation pour la première fois des « online distributors », par les frais d’acquisition correspondants et les charges liées à la cession de Lancel (159 millions d’euros au total).

La marge d’exploitation a reculé à 16,6%. Toutefois, si l’on exclut les distributeurs en ligne, elle s’est améliorée à 21,1%, souligne Johann Rupert, président du conseil d’administration de Richemont. On relève celle en hausse de 280 points de base à 33,8% pour les Maisons de joaillerie et celle en recul de 80 points de base à 18,5% pour les spécialités horlogères (dont Vacheron Constantin, Roger Dubuis et Jaeger-LeCoultre qui ont réalisé des performances de bonne tenue), à cause des provisions sur stocks pour les retours d’inventaires physiques.

Le chiffre d’affaires consolidé s’est accru de 21% à 6,81 milliards d’euros à taux de change réel et de 24% à taux de change constants. Les ventes au détail en ligne («online retail»), désormais reportées séparément, ont représenté 14% des ventes du groupe.

Hors YNAP (le leader mondial de la distribution en ligne des produits de luxe) et Watchfinder (une plateforme omnicanal de premier plan pour les montres de luxe d’occasion), les ventes se sont inscrites en progression de 6% à taux de change réels et de 8% à taux de change constants, mais marquent implicitement un mois de septembre faible, selon Vontobel.

Une croissance a eu lieu dans la plupart des zones géographiques et tous les secteurs d’activité. On observe des hausses notables à deux chiffres à Hong Kong, en Corée du Sud et aux Etats-Unis et, par ailleurs, une augmentation à deux chiffres dans les boutiques détenues en propre, soutenue par l’horlogerie et la joaillerie.

Le résultat net a progressé de 131% à 2,25 milliards d’euros, principalement en raison d’un bénéfice comptable après impôts de près de 1,38 milliard d’euros correspondant à la réévaluation des actions YNAP en possession avant l’offre publique de rachat.

Free cashflow en recul

Certes, élément qui explique sans doute aussi la baisse de l’action vendredi, le flux de trésorerie provenant des activités opérationnelles a reculé à 733 millions d’euros (1,108 milliard au premier semestre 2017-18), du fait d’un besoin en fonds de roulement plus important, dont les stocks, soit 837 millions contre 360 millions un an plus tôt.

Les dépenses d’investissement (capex) se sont aussi accrues de 118 millions en raison de l’impact YNAP, de rénovations et déménagements de magasins ainsi que du centre de logistique et de l’infrastructure IT du groupe. Au final, le cash-flow disponible (free cashflow) s’est établi à près de 320 millions d’euros (hors acquisitions et cessions), contre plus de 770 millions lors de l’exercice précédent.

La valeur boursière de Richemont se monte à près de 39,6 milliards de francs ; ce qui paraît un prix raisonnable (soit 20 fois environ le free cashflow normalisé) si l’on a une optique à long terme. En effet, Richemont est une affaire de long terme par excellence, à l’instar de Nestlé par exemple, avec un avantage concurrentiel durable que forment avant tout le pôle de joaillerie Cartier et Van Cleef & Arpels et une transformation numérique adéquate. La force financière du groupe constitue un autre atout de poids pour satisfaire ses ambitions.

Philippe Rey
AGEFI

 



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