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Swatch investit le marché chinois du paiement mobile
 
Le 27-07-2017

En Chine, plus personne n’utilise de l’argent. Le groupe biennois veut capitaliser sur ce phénomène avec le lancement de Swatch Pay, une montre qui permet d’effectuer des paiements

La jeune femme entre en coup de vent chez Starbucks, commande un latte, brandit son smartphone pour scanner le code QR que la vendeuse lui tend à l’aide de son application WeChat, se saisit de sa boisson et repart. Le tout n’a duré qu’une poignée de secondes. Cette scène est devenue tout à fait banale dans les villes chinoises. En 2016, le marché des paiements mobiles a atteint 5500 milliards de dollars dans le pays, selon le cabinet iResearch. Et ce nombre devrait croître de 33% par an ces cinq prochaines années.

En Chine, 96% de la population possède un smartphone. «Il est très facile d’y acheter des appareils bon marché et la 4G couvre pratiquement tout le pays», explique Zennon Kapron, le fondateur de la firme de consulting Kapronasia, spécialisée dans les paiements mobiles. La pénétration des modes de paiement classiques y est également très basse: 78% des Chinois n’ont pas de carte de crédit.
Swatch Pay se lance dans 28 villes

L’immensité de ce marché a éveillé les appétits de Swatch. Le groupe biennois lance jeudi sa montre Swatch Pay dans 28 villes chinoises. Dotée d’une puce RFID, elle permet d’effectuer ses achats d’un simple geste du poignet contre l’un des nombreux terminaux China UnionPay – une plateforme chinoise de paiement par cartes bancaires – que compte le pays.
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Après son activation en magasin, ce garde-temps peut être instantanément lié à la carte de débit ou de crédit de l’usager, pour autant que celle-ci soit affiliée au système UnionPay ou ait été émise par l’une des onze banques avec lesquelles le groupe horloger a conclu un partenariat, explique Nicole Pongracz-Schüpbach, une porte-parole de Swatch.

La Swatch Pay, qui se décline en quatre modèles au design classique, remplace une version plus ancienne lancée en 2015. Appelée Swatch Bellamy, celle-ci nécessitait l’ouverture d’un nouveau compte et ne pouvait être liée qu’à la carte de débit de Bank of Communications, un établissement qui ne figure qu’en septième position des plus grandes banques du pays.
Deux acteurs bien installés sur le marché

Il ne sera pas aisé pour Swatch de s’imposer sur ce marché. «Il est dominé par deux acteurs, WeChat et Alipay, qui cumulent à eux seuls près de 90% des paiements mobiles», note Zennon Kapron. La part de marché du premier s’élève à 38% et est en forte croissance. Auprès du second, qui compte plus de 400 millions d’usagers, elle atteint 52%.

«Ces deux apps ont en outre l’avantage de fournir à l’usager un écosystème complet, poursuit l’expert. En plus d’y payer ses achats, on peut y effectuer des recherches pour trouver un restaurant et donner son avis dessus, y communiquer avec ses amis et leur envoyer de l’argent et y réserver des tickets de train ou d’avion.» On peut même s’en servir comme compte d’épargne ou pour obtenir un prêt. A l’inverse, la Swatch Pay ne permet que d’effectuer des paiements.

Autre obstacle, la technologie RFID n’a pas vraiment pris en Chine. «De nombreuses petites échoppes ne sont pas équipées de terminaux, dit Zennon Kapron. Par contre, elles ont un compte WeChat ou Alipay qui leur permet d’accepter des paiements par code QR.» Et les magasins qui possèdent un terminal doté de la technologie RFID ne l’activent pas toujours, car peu de gens s’en servent.
S’allier avec les banques

Apple, qui a lancé son service ApplePay en Chine début 2016, s’est heurté aux mêmes défis. Pour s’en servir, il faut avoir un iPhone. Or, moins de 10% des Chinois en possèdent un. Dans un pays où on peut acheter un smartphone Oppo ou Vivo – deux marques bon marché – pour moins de 150 francs, il n’est pas aisé de convaincre le consommateur d’investir dans un nouvel appareil, qu’il s’agisse d’une Swatch ou d’un iPhone. Les tentatives de Huawei, Samsung et Xiaomi d’investir le marché des paiements mobiles n’ont guère eu plus de succès.

Reste que le groupe horloger suisse pourrait bénéficier d’un allié inattendu. Les banques chinoises cherchent à tout prix à récupérer une partie du marché des paiements qu’elles ont cédée à WeChat et Alipay. Cela passe notamment par des alliances avec des acteurs comme Apple ou Swatch, prêts à passer par leur système UnionPay.

Julie Zaugg, Hongkong
LE TEMPS

 



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