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Richemont a souffert avant sa refonte
 
Le 15-05-2017

Le groupe actif dans le luxe a vu son résultat net chuter de 46% lors de l'exercice décalé 2016/2017 à 1,21 milliard d'euros.

Richemont a vécu un exercice 2016/2017 difficile, avec un bénéfice net en chute de 46% à 1,21 milliard d'euros (1,31 milliard de francs). Alors qu'il a entamé une nouvelle année avec sa direction bicéphale inédite, le groupe de luxe genevois reste prudent sur ses perspectives. L'action a décroché à la Bourse suisse.

Le résultat de l'exercice clos fin mars a toutefois été affecté par rapport à la plus-value l'année précédente avec la fusion des groupes Net-a-Porter et Yoox. Le recul se serait établi à moins de 25% sans cet indicateur.

De son côté, le chiffre d'affaires a reculé de 4% à 10,65 milliards d'euros. «Richemont vient de connaître une année difficile», a reconnu le président Johann Rupert. Dans une discussion avec la presse, il a assumé le rachat de stocks auprès des détaillants et l'optimisation des points de vente. Sans eux, les ventes n'auraient diminué que de 2%.

Cette mesure n'était pas «accidentelle», affirme-t-il. La demande a été surestimée de manière «trop optimiste» par la branche et Johann Ruppert n'est pas certain que les concurrents de Richemont aient mis en place la même politique d'ajustement.

Chine et Corée en hausse

Désormais, ces rachats sont terminés et seules quelques boutiques pourraient encore être fermées. «Nous avons travaillé vraiment dur l'année dernière» sur ces questions, a renchéri le directeur financier Gary Saage qui se retire fin juillet.

Sur le plan opérationnel, Richemont affiche un bénéfice en diminution de 14% sur un an à 1,76 milliard d'euros. La marge recule à un peu plus de 16%. La trésorerie nette a augmenté de 452 millions d'euros à 5,8 milliards et le conseil d'administration propose un dividende de 1,80 franc par action.

Par secteur, la division joaillerie de la société (Cartier, Van Cleef & Arpels) recule de 2%. Mais la baisse de l'unité liée aux montres (Vacheron Constantin, Baume & Mercier, Jaeger-LeCoultre, Piaget, Lange & Söhne et IWC) atteint 11%. Les autres secteurs s'apprécient en revanche de 2%.

Par régions, les Etats-Unis sont à nouveau en croissance. La Chine continentale, la Corée du Sud et la Grande-Bretagne ont largement progressé.

Fils du président attendu

Face au contexte difficile, Richemont avait notamment décidé de supprimer 200 emplois environ à La Côte-aux-Fées (NE), à Genève et dans la Vallée de Joux (VD). Le groupe a également modifié complètement sa direction.

Richard Lepeu est parti à la retraite fin mars et a été remplacé par une organisation à deux branches. L'ancien patron d'IWC Schaffhausen Georges Kern s'occupe des activités horlogères, du numérique et du marketing. De son côté, Jérôme Lambert pilote les services centraux et régionaux de Richemont et toutes les sociétés du groupe, hormis la joaillerie et l'horlogerie.

Johann Rupert se félicite d'«un choix évident». Il revendique aussi le rajeunissement important du conseil d'administration prévu lors de la prochaine assemblée générale de septembre qui devra remplacer huit de ses membres. Son fils Anton devrait notamment faire son entrée dans l'organe de surveillance et sera en charge du lien entre actionnaires majoritaires et direction.

Prudent sur les détails

Si Johann Rupert trouve «très intéressante» la montre connectée, il fait remarquer que les clients restent attachés aux montres traditionnelles.

Pour l'exercice en cours, le contexte continuera d'être marqué par la volatilité et les incertitudes économiques et politiques notamment, insiste Johann Rupert. Le groupe genevois souhaite continuer à adapter son offre.

En revanche, le président reste prudent sur davantage de prévisions ou de détails sur d'éventuelles mesures. Si quelqu'un «vous donne» des indications sur l'évolution du cours du franc, des taux d'intérêt de banques centrales et des prochaines attaques sécuritaires, «alors vous pourrez faire des prévisions», a-t-il encore affirmé. Il veut aussi «protéger» le directeur financier qui remplacera M. Saage, Burkhart Grund.

Sanction à la Bourse

A la Bourse suisse, l'action Richemont a subi une sévère correction, la performance d'ensemble étant jugée décevante. A la mi-journée, elle décrochait de plus de 5% à 81,30 francs, dans un marché des valeurs vedettes SMI en légère hausse.

24heures.ch

 



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