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L’industrie du luxe reprend des couleurs
 
Le 01-05-2017

Une moisson de chiffres confirme le retour en grâce de l’industrie du luxe.

Les ventes d’Hermès se sont nettement accélérées au premier trimestre, mais le groupe de luxe français a préféré rester prudent jeudi et maintenir inchangées ses perspectives annuelles dans un «contexte international incertain». Le groupe du Faubourg Saint-Honoré a annoncé un bond de 13,5% de ses ventes sur les trois premiers mois de l’année à 1,35 milliard d’euros grâce notamment à la bonne performance de son activité phare de maroquinerie-sellerie.

Le gérant, Axel Dumas, s’est félicité d’un «premier trimestre exceptionnel», lors d’une conférence téléphonique. Ce résultat est légèrement au-dessus du consensus des analystes de Factset, qui tablait sur 1,3 milliard d’euros. Le groupe a cependant maintenu ses objectifs pour 2017. Comme ses concurrents, Hermès avait souffert l’an dernier d’une baisse du tourisme en Europe et d’une retenue des acheteurs français.

«La performance du premier trimestre confirme la dynamique positive des métiers soie, vêtement et accessoires et parfums», a commenté Hermès dans un communiqué. La croissance de la maroquinerie-sellerie (qui représente plus de la moitié du chiffre d’affaires) a été particulièrement soutenue (+15%).

La Bourse apprécie

«La division vêtement et accessoires (+8%) a été portée par le succès des dernières collections de prêt-à-porter ainsi que des accessoires bijoux et des chaussures», a affirmé le groupe. En revanche, l’horlogerie (-6%) a continué de souffrir dans «un marché toujours difficile». Mais les ventes de montres Hermès ont légèrement baissé, passant de 34,5 à 33,3 millions d’euros, toujours pour la période concernée.

Le secteur du luxe français dans son ensemble a signé une «très bonne performance» au premier trimestre, a-t-il estimé, y voyant «un effet de rattrapage après 3 ou 4 années de marché sous pression». LVMH avait annoncé la semaine dernière une progression de 15% de ses ventes de janvier à mars, et Kering a publié mercredi un bond de 31% de son chiffre d’affaires.

Ces résultats devraient conforter des créations d’emplois en France. Hermès «continue ses embauches avec 250 nouveaux artisans par an», a déclaré jeudi Axel Dumas.Le sellier-maroquinier emploie 12.834 personnes dans le monde et compte 307 magasins exclusifs, dont 210 sous contrôle direct.

Une opération «favorable à la liquidité d'Hermès»

L’action avait baissé de plus de 4% mardi après l’annonce du rachat de Christian Dior par LVMH, les investisseurs s’inquiétant d’un désengagement du groupe familial Arnault, holding qui contrôle LVMH et détient 8% d’Hermès. LVMH avait expliqué que le rachat de titres de Christian Dior SA serait réglé en partie via l’apport de titres Hermès. Interrogé sur le sujet, Axel Dumas a simplement jugé que «l’opération devrait être à terme favorable à la liquidité du titre Hermès».

Cette simplication chez LVMH a plu aux marchés. En Bourse, la valeur du groupe dominé par Bernard Arnault s’est appréciée de 15 milliards de francs en deux mois, de fin février à fin avril (lire notre graphique). Le géant français, qui détient notamment les marques horlogères TAG Heuer, Zenith et Hublot , conforte ainsi sa place de numéro un incontesté des articles de luxe. Hermès et Christian Dior (contrôlé par LVMH) suivent, ce dernier soufflant la troisième place au suisse Richemont. Sur les six plus importants groupes axés sur le luxe, quatre sont Français et deux sont Suisses, même si certains produits de ces entreprises ne peuvent pas être qualifiés de «luxueux», à l’exemple des montres en plastique Swatch.

Breitling revient à un fonds anglo-saxon

La marque Breitling était à vendre. C’est fait. Ni les deux géants du luxe français - LVMH et Kering - ni les groupes helvétiques (Swatch Group, Richemont ou même Rolex) ne sont parvenus à racheter cette entreprise très convoitée. Fondée en 1884, l’horloger appartient à la famille Schneider. Quant à l’acheteur, CVC Capital Partners, c’est un gros fonds anglo-saxon dont les participations ressemblent à la caverne d’Ali Baba: il y a un peu de tout - dont l’opérateur suisse Sunrise - mais aucune marque horlogère. Largement de quoi inquiéter les amoureux des marques horlogères.

Selon l’agence Bloomberg, le prix payé par CVC pour 80% de Breitling valorise la marque à environ 875 millions de francs (800 millions d’euros). Soit plus du double de son chiffre d’affaires, estimé à 370 millions de francs par la banque Vontobel. A titre de comparaison, Kering avait acquis Ulysse Nardin en 2014 pour 450 millions de francs, alors que la marque réalisait un chiffre d’affaires de 190 millions de francs, et le japonais Citizen avait gobé la marque genevoise Frédérique Constant pour 110 millions de francs, l’an dernier, au moment où ses ventes atteignaient 70 millions de francs. Ces derniers mois, les marques se vendent donc environ le double du chiffre d’affaires même si, naturellement, la rentabilité des entreprises joue aussi un rôle important dans le cadre de toute transaction. Breitling, dont le siège est situé à Granges (SO), emploie 900 personnes entre les cantons de Soleure, Neuchâtel et Genève, notamment. La marque soleuroise n’était pas en mesure vendredi de s’exprimer sur le maintien de ces emplois (24 heures)

Par Roland Rossier
24heures.ch

 



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