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Rêves en trois temps
 
Le 07-05-2018
de SOJH® - News des musées

Après une première exposition itinérante en 2012, l’Association Automates & Merveilles revient avec un projet de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine horloger neuchâtelois. Trois œuvres de Pierre Jaquet-Droz, François Ducommun et Albert Billeter ont été restaurées.

Automates & Merveilles est de retour! L’association, dont le but est la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine horloger neuchâtelois, vient d’inaugurer sa deuxième exposition en sept ans d’existence. Intitulée «Rêves en trois temps», celle-ci présente trois pièces majeures d’horlogers neuchâtelois: une pendule de style Empire retour d’Egypte de Pierre Jaquet-Droz; un planétaire signé François Ducommun; et une horloge astronomique attribué à Albert Billeter. Provenant des trois grandes collections horlogères du canton - Musée d’horlogerie du Locle, Musée international d’horlogerie (MIH) de La Chaux-de-Fonds et Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel - ces œuvres ont été préalablement restaurées grâce à de généreux donateurs. Se déplaçant jusqu’au 28 octobre entre les trois institutions associées, l’exposition reprend le même concept itinérant que celui déjà utilisé en 2012, pour une exposition qui mettait alors à l’honneur trois figures marquantes de l’horlogerie au 18e siècle: Pierre Jaquet-Droz, Henri-Louis son fils et leur collaborateur Jean-Frédéric Leschot.

Plus qu’une simple exhibition, «Rêves en trois temps» se veut une véritable entreprise de sauvegarde du patrimoine horloger. Les trois objets ont été préalablement étudiés et analysés structurellement. L’association s’est ensuite appliquée à réunir tous les intervenants nécessaires au projets: les équipes d’horlogers-restaurateurs des musées bien entendu, mais aussi des experts de la Haute Ecole-Arc, un dendrochronologue, un conservateur-restaurateur en mobilier et objets d’art, une conservatrice-restauratrice de peintures et de sculptures en bois, un expert en art, des historiens, un horloger-conservateur-restaurateur ou encore des muséologues. Leurs travaux ont donné naissance à un coffret en quatre volumes – trois monographies et le DVD d’un film documentant les restaurations entreprises.

Pendule à oiseau chanteur de Pierre Jaquet-Droz

Acquise en 1984 pour le 25e anniversaire de l’installation du Musée d’horlogerie du Locle au Château des Monts, le Pendule à oiseau chanteur de Pierre Jaquet-Droz (1721-1790) a nécessité 730 heures de réfection et mobilisé huit artisans. Imposante et majestueuse, de style Empire retour d’Egypte, cette pièce arbore un cabinet en acajou orné d’éléments décoratifs du 1er Empire, en bronze doré. Le mouvement à double fusées-chaînes sonne les heures et les quarts sur deux cloches. Le chant de l’oiseau, quant à lui, est produit par une serinette à cylindre à picots, logée dans la partie supérieure de la pendule. Cet instrument peut jouer six airs différents sur dix flûtes. Durant la mélodie, l’oiseau pivote sur lui-même en ouvrant le bec, en agitant les plumes caudales et en gonflant la gorge. Le mécanisme moteur de la serinette est situé en dessous du mouvement de la pendule. La relation entre ces deux est faite par une petite courroie. La serinette peut être mise en marche manuellement, à la demande, en tirant sur le petit cordon situé sur la gauche de la pendule ou déclenchée automatiquement «au passage», toutes les heures. Un petit levier, disposé sur le côté droit du cabinet, permet de choisir l’un des six airs disponibles. Un second levier, sous le précédent, permet d’actionner la serinette ou de la mettre sous silence.

Planétaire signé François Ducommun

Deuxième œuvre sélectionnée, le Planétaire signé François Ducommun (1763-1839), daté de 1817, est conservé au MIH depuis 1909. Le mécanisme comprend le système planétaire ainsi qu’un quantième perpétuel, tous deux actionnés par une manivelle. Le mouvement central représente le système solaire tel qu’il était connu au début du XIXe siècle: le Soleil est entouré par sept planètes et leurs satellites. Les périodes de révolution, rotation ainsi que les apsides y sont reproduites. La partie mécanique est protégée par deux demi-sphères composées de couches de carton collé, puis décorées du zodiaque et de constellations. La restauration des peintures et leur analyse ont confirmé leur attribution à Charles-Samuel Girardet (1780-1863). La demi-coque supérieure peut être soulevée afin de découvrir le mécanisme. Le tout est posé sur un support en bois monté sur roulettes. Quelque 672 heures et cinq personnes ont été nécessaires à la restauration de ce planétaire.

Horloge astronomique signée Albert Billeter

Malheureusement mal documentée dans les archives du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, la troisième réalisation, une imposante horloge astronomique signée Albert Billeter (1815-1895), a permis d’aller à la rencontre d’un horloger imprégné par la quête de la précision. Entré dans les collections de l’institution en 1931, ce mécanisme de temps comprend un échappement à ancre à chevilles, ainsi qu’un balancier à la seconde compensé thermiquement par du mercure. Les indications astronomiques apparaissent sur de petits cadrans à cartouches émaillés, eux-mêmes fixés sur une plaque centrale en laiton. L’affichage comprend le temps moyen, le temps légal, l’équation du temps, un quantième complet (date, jour, mois et année), les signes du Zodiaque, une seconde centrale et la lunaison. Le système de remontage fut modifié postérieurement par électrification. La sonnerie, ainsi que le système de rattrapage du quantième perpétuel, sont par conséquent manquants. Deux restaurateurs ont passé pas moins de 679 heures sur cette pièce.

Enfin, cette exposition a également permis de réaliser une étude complète pour permettre la reproduction des chaînes que Jaquet-Droz utilisait pour ses systèmes à fusées, indispensables à la transmission de la force motrice aux différents mécanismes (horloges et musique). Ce projet est un objectif commun aux trois institutions, puisque toutes sont propriétaires d’œuvres de cet éminent horloger. Le développement de l’étampe de découpage ainsi que la réalisation des maillons et le montage ont été confié aux élèves du CIFOM-ET du Locle (Centre interrégional de formation des Montagnes neuchâteloises, domaine technique) sous la direction de Sylvain Varone, responsable du secteur horlogerie.

Fédération de l'industrie horlogère suisse

 



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