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Hublot roulera sur le sol de la planète Mars en 2021
 
Le 18-11-2019

La manufacture a reçu son certificat de «partenaire technique et scientifique» de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Quand on pousse la porte de son atelier, on s’attendrait presque à trouver Géo Trouvetou et le professeur Tournesol en plein conciliabule. Directeur du département Recherche et Développement à Nyon – qu’il a rebaptisé Hublot Xplorations, un nom qui correspond mieux aux projets qu’il y réalise –, Mathias Buttet est un peu le savant fou de la manufacture. Évidemment, il a quelques ovnis horlogers à son actif, dont la Key of Time. Il est aussi le père du Magic Gold, cet or 18 carats totalement inrayable, exclusif à Hublot. Mais aujourd’hui il explore d’autres territoires. À des années-lumière de l’établi de l’artisan horloger.

Les vraies couleurs

Après avoir inventé des drones sous-marins pour assister les plongeurs sur le site archéologique d’Anticythère, en Grèce (lire encadré), Mathias Buttet permettra à Hublot de prendre part au projet ExoMars, développé par l’Agence spatiale européenne (ESA). L’horloger vient même de recevoir son certificat officiel de «collaborateur technique et scientifique» pour cette expédition spatiale qui devrait décoller en juillet 2020 en direction de la planète Mars.

«Nous avons réussi à fournir en trois mois la mire de calibration de la caméra qui sera installée sur le rover», détaille-t-il. Développé pour cette mission, ce véhicule 4x4 sera amené à faire des prélèvements jusqu’à une profondeur de 2 m dans le sol martien pour rechercher des traces de vie présente ou passée. «Les scientifiques ne savent pas si l’ambiance sur Mars sera rouge ou bleue. À travers l’œil de Clupi (ndlr: le nom de la caméra), cette mire les aidera à déterminer les vraies couleurs.» Comment l’horloger s’est-il retrouvé dans cette aventure? Mathias Buttet dit avoir toujours été réfractaire à ce marketing 2.0 qui consiste à «coller des banderoles un peu partout». «À l’interne, nous bénéficions d’un savoir-faire technologique de pointe. Pourquoi ne pas en faire profiter d’autres?» Hublot impose ainsi un changement de paradigme: alors que l’horlogerie a pris l’habitude de s’approprier des matériaux utilisés depuis longtemps dans l’aéronautique ou l’industrie automobile, tels que le titane ou la fibre de carbone, à Nyon on a décidé de «renverser la vapeur». On crée de nouvelles matières, brevets à l’appui, et ce sont les secteurs aérospatial ou automobile qui réfléchissent au meilleur moyen de l’intégrer dans leurs projets. Ferrari n’a-t-elle pas utilisé le Magic Gold pour fabriquer ses disques de frein?

Cette collaboration avec l’ESA n’a pas débuté autrement. Dans son laboratoire, Mathias Buttet a trouvé un matériau «plus léger que le titane, mais plus dur que l’acier trempé» – que l’on pourrait bien retrouver, d’une façon ou d’une autre, dans le catalogue de Hublot. Ce matériau insolite a éveillé l’intérêt de Jean-Luc Josset, directeur de l’Institut Space-X à Neuchâtel. Quand on sait que chaque kilo qui part dans l’espace coûte 300 000 euros, on est prêts à tout pour alléger la charge…

«Mais, avant qu’un matériau ne soit homologué pour aller dans l’espace, il peut se passer dix ans», sourit Mathias Buttet. Cette première rencontre lui a pourtant permis de rebondir sur le projet Clupi avec sa mire de calibration. «Trois mois avant de livrer, nous ne savions même pas ce que nous allions faire…»

Nourri aux fulgurances créatives de Jean-Claude Biver, l’ingénieur trouvait pourtant «géniale» cette idée de voir un horloger suisse apporter sa pierre, même de façon modeste, à une expédition sur la planète rouge. «On a même rajouté un gnomon sur la mire pour mesurer l’heure solaire effective sur Mars, se réjouit-il. On n’attend plus qu’une chose: le décollage!» L’«amarsissage», lui, sera prévu en 2021. Après neuf mois de voyage.

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