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Jaquet Droz, entre baroque et épure
 
Le 03-07-2018

La maison Jaquet Droz, qui s’est fait connaître par son incomparable sens du baroque, a su également manier l’épure avec brio. Un grand écart entre l’exubérance issue du siècle des Lumières et le dépouillement du siècle numérique qui semble lui assurer sa pérennité.

« En général, les garde-temps donnent l’heure. Les nôtres racontent également une histoire, celle de la marque, de sa créativité », déclare Christian Lattmann, actuel CEO de Jaquet Droz. L’aventure de cette maison débute en 1738, lorsque l’horloger Pierre Jaquet-Droz ouvre un atelier dans le Jura suisse. Il en devient vite l’un des horlogers les plus réputés. A ses débuts, il se spécialise dans la réalisation d’automates et d’horloges musicales qui séduisent une clientèle fortunée, notamment le roi d’Espagne Ferdinand VI et l’empereur de Chine Qianlong.

Aidé par ses deux fils, dont l’un adoptif, le fondateur fait prospérer l’entreprise et ouvre des ateliers jusqu’à Londres et Genève. Et se retrouve à la tête d’une multinationale du luxe avant l’heure… qui ne survivra pas à la Révolution française et à la disparition de son fondateur. Clap de fin ? Non, plutôt ouverture d’une longue parenthèse durant laquelle la firme est mise en sommeil.

Jaquet Droz, renaissance horlogère

Relancée dans les années 90 par un groupe d’investisseurs, l’enseigne est finalement rachetée par Swatch Group en 2000. Elle intègre ainsi le pôle luxe du géant horloger, aux côtés de Breguet et Blancpain. La marque ne s’adresse alors qu’à une poignée d’amateurs fortunés. Sa production de niche reste les automates. Jaquet Droz choisit de s’appuyer sur son héritage ancien de garde-temps décoratifs et spectaculaires. « Nous avons une vraie légitimité historique en ce domaine », explique Christian Lattmann.

Pourtant, c’est la Grande Seconde, un modèle beaucoup plus épuré, qui sera l’instrument de la reconquête de Jaquet Droz. Lancée en 2002, cette montre accueille deux compteurs décentrés pour les heures et les secondes, qui s’entrelacent élégamment et esquissent un « 8 ». Ce trait de style va devenir l’une des signatures maison. Remarquablement sobre, la Grande Seconde arbore un cadran en émail grand feu. Cette technique délicate provient en droite ligne de l’époque de Pierre Jaquet-Droz.

Ainsi, à peine un an après son inauguration, en 2010, la nouvelle manufacture, à La Chaux-de-Fonds, intègre des artisans d’art. Une façon de rappeler l’héritage de l’enseigne. « Nous avons établi une grande expertise dans les métiers d’art qui gravitent autour de l’horlogerie. Nous maîtrisons en interne l’émaillage, le sertissage la peinture miniature, le paillonnage, la gravure ou encore la sculpture et la mosaïque », se félicite le dirigeant.

L’exclusivité avant tout

En 2012, Jaquet Droz revient au décoratif à l’excès avec sa montre-automate The Bird Repeater. Pourvue d’une répétition minutes, l’une des complications stars de la haute horlogerie, cette pièce révèle un ballet mécanique en huit animations. En 2015, un oiseau siffleur vient se blottir au sein du boîtier du modèle The Charming Bird. Cette technique originale sera récompensée par le prix Exception mécanique au Grand Prix d’horlogerie de Genève (GPHG) en 2015. « Jaquet Droz cultive un goût pour le spectaculaire », rappelle Christian Lattmann.

Pourtant, le best-seller de la marque reste la Grande Seconde, à la ligne simple. A 10 000 euros en prix de base, c’est le modèle « accessible » de la gamme – en comparaison, un automate coûte au moins 100 000 euros, mais peut atteindre des sommes beaucoup plus élevées. Ses codes esthétiques épurés et le fameux « 8 » de son cadran ont fait d’elle un très grand classique de l’horlogerie contemporaine.

Sa dernière déclinaison, la Grande Seconde Hommage, fête le 280e anniversaire de la marque. Limitée à 88 exemplaires – le « 8 », encore et toujours –, elle habille son élégant boîtier d’or jaune et son cadran d’émail noir, et reçoit un échappement en silicium amagnétique. Cette nouveauté sera visible, parmi d’autres, au sein d’une exposition anniversaire appelée à sillonner le monde en 2018.

Par Nicolas Dembrevillele
thegoodlife.thegoodhub.com

 



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