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H1 ou l’écoulement du temps selon HYT
 
Le 25-05-2018

Signée par les horlogers hydromécaniques de HYT en 2012, la H1 est la première montre-bracelet à affichage fluidique. Un projet un peu fou, inspiré par la clepsydre des pharaons, dans lequel sont réunis science, technologie, art et design. Plongée dans l’histoire de cette montre hors normes…

Dans leur quête de la mesure du temps, les horlogers avaient jusqu’alors presque tout testé : des grandes complications destinées à étendre le champ des calculs aux nouveaux matériaux aux propriétés révolutionnaires, censés accroître la précision des mécanismes, en passant par l’expérimentation de diverses formes d’affichage. Jusqu’en 2012, aucune Maison horlogère n’avait toutefois songé à intégrer l’un des plus anciens procédés de décompte du temps dans une montre-bracelet. Les quatre fondateurs de HYT ont osé. De la clepsydre des pharaons à la création de la H1, quelque 3’400 ans se sont écoulés. Et pourtant, au poignet cette fois, c’est bien la mécanique des fluides qui incarne le flux du temps. Au sens le plus strict du terme.

Le premier à imaginer ce concept inattendu est Lucien Vouillamoz. Dès 2002, il envisage de revisiter le concept de la clepsydre à travers une montre mécanique parfaitement étanche. Le défi est de taille. Il est même sans doute un peu surdimensionné pour un seul homme. En 2010, pour transformer l’utopie en coup de génie et donner corps au concept, il réunit les compétences de Patrick Berdoz, Emmanuel Savioz et Vincent Perriard. La création du mouvement est confiée à Chronode, sous la direction de Jean-François Mojon. La question des fluides revient à Preciflex tandis que le parti pris esthétique est orchestré par Vincent Perriard. Une équipe de choc pour un projet qui se revendique totalement novateur.

Deux liquides, un capillaire, deux soufflets

En 2012, exactement 10 ans après les premières réflexions sur la création d’une montre à affichage fluidique, le projet est fin prêt. HYT dépose ses statuts en janvier à Neuchâtel avant de s’élancer sur la scène bâloise en mars avec la H1. Particularité ? Si la minute est cadencée de manière classique par l’entremise d’une aiguille parcourant un sous-cadran, l’heure est affichée à l’aide d’un liquide coloré contenu dans un capillaire circulaire. Son fonctionnement ? À chaque extrémité du capillaire sont placés des réservoirs flexibles contenant respectivement un liquide coloré et un liquide transparent dont le mélange est évité par la force de répulsion des molécules. Pour indiquer l’heure, la frontière entre ces deux fluides non miscibles se déplace ainsi dans le capillaire selon la compression des réservoirs exercée par le mouvement mécanique.

Jamais on n’avait vu jusqu’alors une montre associant la mécanique traditionnelle à la mécanique des fluides.

Le principe semble d’une simplicité limpide. Il est surtout totalement novateur. Jamais on n’avait vu jusqu’alors une montre associant mécanique traditionnelle et mécanique des fluides. D’un point de vue strictement horloger, le concept est censé satisfaire les contraintes essentielles de précision et de lisibilité. La couleur des liquides, leur consistance, leur résistance aux vibrations et aux chocs, l’absence d’altération et l’étanchéité du module fluidique sont autant de critères dont l’équipe de Preciflex doit tenir compte pour élaborer des fluides capables d’indiquer sans faille la course du temps. Les problèmes de précision dus à l’influence des variations de température sur la dilatation des fluides seront résolus dans un deuxième temps avec le développement d’un compensateur thermique intégré à l’ensemble des garde-temps de HYT. Afin de propulser les liquides de manière régulière, Preciflex a mis au point des soufflets inspirés des capteurs de mesure utilisés par la Nasa. Réalisés dans un alliage très fin et fixés à la platine, ces soufflets sont une forme spécifique adaptée à la montre pour garantir une parfaite absorption des chocs et une étanchéité extrême.

Du prix de l’Innovation à une collection complète

Dès le lancement de la H1, le concept fait mouche. Protégée par sept brevets, la formule est saluée par le Grand Prix d’Horlogerie de Genève, qui lui décerne le prix de l’Innovation. Une innovation technique qui préside en tous points au design et à son architecture tridimensionnelle. Côté face, le clou du spectacle se joue avec le fameux capillaire circulaire soulignant le pourtour du cadran pour l’indication des heures. Les deux soufflets logés dans la partie inférieure du boîtier captent également l’attention tandis que la partie supérieure de la scène accueille un cadran des minutes, un affichage de la réserve de marche et une petite seconde dont l’esthétique semble calquée sur celle d’une roue à eau. Côté pile, une large ouverture laisse entrevoir les dessous de la mécanique.

Le boîtier est également spectaculaire. Il en impose par ses dimensions, sa carrure en titane noirci, flanquée d’un puissant protège-couronne et surmontée par une glace saphir sculpturale taillée dans la masse. Visuellement, la H1 détonne et fait des émules. Depuis 2012, c’est une collection à part entière qui se décline au gré de multiples matériaux et couleurs, notamment les fluides qui se colorent en jaune, bleu, rouge ou noir. C’est aussi l’aînée d’une grande famille de montres à affichage fluidique. Les collections Ho, H2o, Skull, H2, H3 et H4 descendent toutes de cette folle lignée qui a ouvert un nouveau paradigme dans l’affichage du temps. Liquide, fluide, le temps incarné par la H1 s’écoule. Littéralement !

Par Marie de Pimodan-Bugnon
FHH JOURNAL

 



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