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Horlogerie: petits rouages pour grandes aventures
 
Le 22-10-2019

Ils traversent l’océan Arctique, grimpent les faces les plus périlleuses de l’Everest, descendent explorer les profondeurs de la Méditerranée, plongent observer la calotte glaciaire... Ces amoureux de l’extrême semblent avoir remplacé acteurs et sportifs dans le cœur de certains horlogers qui les soutiennent et leur développent des montres à toutes épreuves. Sensations garanties.

L’aventure, c’est l’aventure. Quel meilleur message transmettre, quand il s’agit de vanter les qualités de résistance et de précision de montres justement taillées pour l’extrême, que d’en associer l’image et l’imaginaire, à celles et ceux qui repoussent constamment les limites? Des conquérants des mers, des cimes ou des abîmes aux aventuriers de la jungle urbaine, il n’y a qu’un pas. À tout seigneur tout honneur: dès ses premiers modèles, Rolex a soutenu des exploits uniques. En 1927, la traversée de la Manche par Mercedes Gleitze lui permet ainsi de vanter l’étanchéité de l’Oyster qu’elle a portée au poignet pendant 15 h et 15 minutes. L’ascension de l’Everest en 1953, avec sir Edmund Hillary et Tenzing Norgay sur le toit du monde, ne fera pas qu’entrer dans l’histoire de l’alpinisme. Comme l’explique la marque à la couronne, «les informations recueillies à l’issue de cette expédition sur l’Everest, les données fournies par d’autres alpinistes permettront de lancer l’Explorer.»

Le froid, c’est aux pôles que l’aventurier Mike Horn, fan de montres Panerai devenu ambassadeur de la marque, a pour sa part choisi de l’affronter. «Si vos rêves ne vous effraient pas, c’est qu’ils ne sont pas assez grands», se plaît à dire celui qui a tout vécu et survécu à tout... Avec quatre expéditions polaires, il a tout enduré. Dans son dernier périple de trois ans d’un pôle à l’autre, il prend tout de même le temps d’accueillir sur son voilier les passionnés de Panerai ayant acheté une édition limitée Mike Horn, pour la leur remettre dans des conditions extrêmes. On est bien loin de la rue de la Paix...

Au bout de ses rêves, et de ses limites

Les conditions extrêmes, le plongeur aventurier Alban Michon les a aussi tutoyées, lui qui a passé 62 jours en solitaire en Arctique par -52°C, à explorer le passage du Nord Ouest en solo, avec au poignet sa ZRC 1904 Grands Fonds 300 indestructible. Mais quand il s’agit d’affronter le froid, le vent, le manque d’oxygène, même l’échec est une aventure humaine en soi. Ainsi, soutenu par Vacheron Constantin, Cory Richards, alpiniste, explorateur et photographe, a déjà escaladé le toit du monde deux fois, en 2012 puis sans oxygène en 2016. En tentant en juillet dernier la voie la plus extrême, via l’arête nord-est de l’Everest, au Tibet, son aventure s’est achevée à 7600 mètres d’altitude, par -40°C, dans des conditions météorologiques dantesques qu’il a lui même immortalisées. Trouver la force mentale de renoncer pour survivre constitue une autre forme de dépassement de soi. L’horloger suisse l’avait équipé d’une montre de l’extrême, un prototype d’une Overseas Dual Time en titane et tantale, avec une couronne renforcée pour l’occasion par deux épaulements en titane.

Pour mettre en avant ses nouveaux modèles pilote, IWC, de son côté, soutient un tour du monde à bord d’un Spitifre restauré. Logique, après tout, pour une marque déjà intimement associée au plus poétique des aventuriers et des aviateurs: Antoine de St Exupéry. «IWC Schaffhausen fabrique des montres de pilote depuis plus de 80 ans, décrypte Christoph Grainger-Herr, à la tête de la manufacture. En soutenant l’expédition «Silver Spitfire - The Longest Flight», nous voulions exprimer cette passion pour l’aviation. Les deux pilotes, Matt Jones and Steve Boultbee-Brooks, travaillent à préserver un savoir-faire, celui nécessaire pour garder ces appareils en état de vol. Ils vont ainsi, peut-être, susciter l’intérêt pour la mécanique et l’ingénierie auprès des jeunes à travers le monde.» L’aventure de la transmission...

Sur les flots, c’est en 1967 que la légende entre montre et mer s’est notamment écrite: Sir Chichester, alors âgé de 65 ans, boucle un incroyable tour du monde à la voile, seul à bord de son ketch, le Gipsy moth IV, prévu pour un équipage de huit hommes. Avec son sextant et sa seule Rolex, il bat le record du tour du monde en solitaire, en 266 jours. Aujourd’hui, ses descendants affrontent encore la folie des flots. Tel Sébastien Destrumeau, qui prépare déjà son prochain Vendée Globe. Il le connaît bien: il a failli y laisser la vie! Lui qui a franchi la ligne d’arrivée en dernier aura alors passé 124 jours en mer. Soit près de 50 jours de plus que le vainqueur, Armel Le Cléac’h. «J’ai toujours navigué, mais je ne me considère pas comme un marin. Quand je me suis brisé les côtes lors du Vendée Globe, alors que le bateau a presque chaviré, j’ai eu la chance de le faire à dix jours de l’Australie. Le lendemain, ou le surlendemain, j’ai réussi à ramper sur le pont pour faire une manœuvre, puis à me mettre à genoux. Après, tu te remets debout, tu fais les prochaines 24 heures, et puis tu continues. À aucun moment, je n’ai pensé à abandonner, confie celui qui a rejoint le cercle restreint des nouveaux Ulysse d’Ulysse Nardin. C’est une succession de petites victoires que tu te construis tous les jours. Tu prends une bonne décision, tu résous un problème, puis le suivant.»

«Challenger notre expertise horlogère»

Sous les mers, commence l’univers de Laurent Ballesta, explorateur sous-marin soutenu depuis plusieurs années par Blancpain et ses Fifty Fathoms. En juillet dernier, dans le cadre de l’expédition Gombessa V (Planète Méditerranée), lui et trois coéquipiers ont passé 28 jours confinés dans une station reproduisant la pression à 120 mètres de fond, descendant chaque jour explorer les profondeurs sans jamais voir la surface, sans paliers de décompression, à bord de leur capsule tractée par bateau entre Marseille et Monaco. Une aventure de plus propre à épater le public et qui jette un parfum d’exploit sur la ligne de plongée de l’horloger qui, avec son opération «Blancpain Ocean Commitment» confinance de nombreuses expéditions scientifiques pour la protection des fonds marins.

Ce territoire est aussi ce que l’aventurier millionnaire Victor Vescovo, soutenu par Omega, a choisi d’explorer après avoir conquis sa fortune, et les sommets. Son but: descendre au plus profond des mers. Mission accomplie: à -10 928 mètres, il aura dépassé de 20 mètres le record établi par James Cameron, son Deep Sea Challenger... et sa Rolex! Mais à quel moment décide-t-on de devenir un aventurier? «A la naissance, je pense que c’est génétique, répond en riant Victor Vescovo. J’ai toujours voulu faire cela. C’est quelque chose qui nous pousse, et qui fait avancer la science, une mission plus large pour rendre l’humanité meilleure.» Et maintenant? «J’adorerais aller dans l’espace. J’ai beaucoup de respect pour Richard Branson, Jeff Bezos et Elon Musk, comment ils font avancer la science des fusées. Explorer ce n’est pas donné. L’espace, c’est beaucoup plus cher ; là il faut être milliardaire!»

Cette expédition Five Deeps lui aura peut-être coûté une cinquantaine de millions de dollars, mais elle lui aura aussi permis de repousser les limites de l’exploration, et au passage de l’horlogerie. «Quand on a entendu parler du projet, Five Deeps, nous savions que nous devions en faire partie. Non seulement pour la mission, d’aller aux points les plus profonds de la Terre, mais aussi pour avoir l’occasion de challenger notre expertise horlogère», explique Raynald Aeschlimann, à la tête d’Omega. Grâce au Limiting Factor, un sous-marin de 11 tonnes recouvert de titane, Omega ne se contente plus d’être à jamais la «Moon Watch» portée par les astronautes. Sa Seamaster Planet Ocean Ultra Deep Professional développée pour l’expédition en cinq semaines chrono - un exploit - a dépassé les 10 000 mètres de profondeur... à l’extérieur du sous-marin! «Ce sont des montres pensées pour accompagner l’expédition non pas à l’intérieur, mais à l’extérieur, confirme Gregory Kissling, responsable produits Omega. Il a donc fallu imaginer une montre qui résiste à des pressions extrêmes. Sa conception, avec un boîtier et une couronne en titane forgé venant du sous-marin, est faite pour résister à 15000 mètres.» Ce modèle en série très limitée (trois exemplaires), doté d’un boîtier monobloc, servira au développement des prochaines montres de plongée de l’horloger du Swatch Group.

Et demain, qui seront les nouveaux aventuriers? En fait, ils sont déjà là, à protéger la nature et prendre soin de ceux qui la peuplent. En la matière, Rolex a encore un coup d’avance: elle les soutient depuis déjà quatre décennies, via les Rolex Awards. Depuis 1976, Rolex a ainsi primé 150 lauréats âgés de 24 à 74 ans, des aventuriers du quotidien, issus de 50 pays. Telle Miranda Wang, 25 ans, une jeune Canadienne qui cherche actuellement à résoudre la question de la pollution plastique. Après tout, la plus moderne des aventures n’est-elle pas de se soucier des générations prochaines?

Le Figaro

 



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